La génération Z devrait être la plus riche de l’Histoire

Pourquoi la génération Z devrait être la plus riche de l’Histoire

Souvent décrite comme fragile, la génération Z pourrait, pourtant, devenir la plus riche de l’histoire. Héritage, salaires et éducation dessinent une trajectoire prometteuse, mais marquée par de fortes inégalités.

Souvent associée aux réseaux sociaux, à la pandémie et à une forme d’anxiété collective, la génération Z occupe de plus en plus le devant de la scène. Elle a été à l’initiative, ces derniers temps, de vastes mobilisations au Maroc, au Népal et encore plus récemment en Iran. Ces mouvements de contestation portent sur des revendications liées aux inégalités, à la corruption ou à l’absence de démocratie.

Selon une étude de Bank of America publiée l’an dernier, cette génération (née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010) pourrait devenir la plus nombreuse, mais aussi la plus riche de l’histoire d’ici à 2035, relate la RTS. Plusieurs facteurs expliquent cette projection: un important héritage transmis par les baby-boomers, une progression salariale plus rapide que celle des générations précédentes et un niveau d’éducation globalement plus élevé.

Dans plusieurs pays, cette dynamique est déjà visible. Toujours d’après la RTS, en Suisse, la croissance des salaires des jeunes s’est accélérée au cours de la dernière décennie. Aux Etats-Unis, à 25 ans, un membre de la génération Z gagne environ 50% de plus qu’un baby-boomer au même âge. Dans certains pays européens, les jeunes atteignent déjà le revenu moyen national.

Une génération rompue aux crises

Née avec le numérique, la génération Z bénéficie d’un avantage dans un monde du travail en pleine transformation, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle. Son rapport à l’argent est également marqué par une succession de crises économiques et sanitaires, qui a renforcé une approche prudente et pragmatique, privilégiant stabilité et sécurité financière.

Rafael Lalive, professeur à la HEC Lausanne, a analysé dans l’émission Tout un monde de la RTS: « L’IA est une technologie qui va marquer toutes les générations, mais qui va offrir un avantage à la génération Z et peut-être un désavantage aux autres. » Ces perspectives optimistes sont toutefois nuancées. Le coût croissant du logement, de l’énergie ou encore les risques climatiques limitent l’impact réel des hausses de revenus sur la qualité de vie. Par ailleurs, le transfert de patrimoine risque de creuser les écarts entre les jeunes qui héritent et ceux qui restent dépendants de leur seul salaire, structurant durablement les trajectoires de vie. Elodie Gentina, professeure de management à l’IESEG, résume à la RTS: « On risque d’avoir une génération plus riche sur le papier, mais aussi sous pression au quotidien » (ysc)

Source de l’article : Watson