En quête de légitimité, le polisario cherche à siéger au CPS de l’UA

Le polisario a présenté sa candidature pour siéger au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), aux côtés de l’Algérie, afin de renverser la tendance au sein de cet organe central de l’union. Cependant ses chances d’avoir un réel poids sont très minimes.

Le polisario, à travers sa pseudo-république sahraouie (RASD), a déposé sa candidature pour siéger au sein du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et remplir le deuxième siège accordé à la région Afrique du nord.

Il convient de noter que les membres du CPS sont élus selon une rotation entre les différentes régions d’Afrique, et les 15 membres du Conseil sont répartis selon une représentation régionale équilibrée et équitable. Ainsi, l’Afrique de l’Ouest détient quatre siège, trois pour l’Afrique Centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe, et deux sièges pour l’Afrique du Nord.

Actuellement le premier siège de la sous région Afrique du nord est occupé par l’Algérie depuis le 15 avril dernier pour un mandat de trois ans (2025-2028). Le second siège est en jeu et devrait être attribué lors des prochaines élections au CPS prévues les 11 et 12 février, à l’occasion de la réunion ordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’Union africaine.

Selon l’agence de presse de la milice séparatiste qui a annoncé la candidature du polisario, les deux autres membres qui aimeraient occuper le second siège seraient le Maroc et la Libye.

Tripoli est inévitablement un candidat qui cherche à obtenir le siège, il avait concurrencé l’Algérie, sans succès à l’issue d’une réunion extraordinaire du Conseil exécutif de l’UA tenue en mars dernier. Une première session de vote en février n’avait pas permis de départager les deux pays.

Si la Libye est réellement en lice pour le siège, il est peu probable que ce soit le cas pour le Maroc, étant donné qu’il siège souvent au CPS, et vient de terminer deux mandats consécutifs entre 2019-2022 et 2022-2025. Les autres pays de la région restent toutefois en lice, il s’agit de l’Egypte, la Mauritanie et de la Tunisie.

Si le polisario cherche à siéger aux côtés de l’Algérie afin de glaner une fausse place et entretenir l’illusion qu’il est au devant de la scène politique africaine, en réalité, il y a peu de chances qu’il soit élu, surtout dans la configuration actuelle au sein de l’Union africaine et des bouleversements géopolitiques concernant le dossier du Sahara.

L’adoption fin octobre de la dernière résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, a donné un indicateur révélateur de la tournure que le règlement du conflit prendra lors des prochaines échéances. En consacrant l’option de l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seule base de règlement, le Conseil de sécurité a enlevé toute légitimité au polisario et a signé sa fin.

Enfin, l’Union africaine connait également des changements profonds notamment avec le retrait successif des reconnaissances de l’entité séparatiste, et la montée en puissance d’un courant de diplomates et responsables politiques africains appelant à retirer au polisario le statut de membre.

Ces responsables veulent corriger l’erreur historique de l’admission de cette milice au sein de l’institution continentale étant donné qu’il ne s’agit pas d’un pays, qui n’est d’autant plus reconnu par aucune autre institution continentale et crée souvent des problèmes diplomatiques et économiques avec les partenaires de l’UA.

En dépit d’une probabilité d’un vote en faveur du polisario limitée, la perspective d’une alliance Algérie-polisario au sein du CPS peut poser problème, celle d’une élection de la Tunisie également dans une moindre mesure. Le vote aura lieu les 11 et 12 février, lors de la session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc