« Dur mais exceptionnel ! » : à Bezons, les supporters du Maroc savourent sa victoire après un match tendu
Et à la fin, le Maroc a gagné. Et ses supporters ont exulté à Bezons (Val-d’Oise). Comme soulagés au terme de ce match serré, qui a mis à rude épreuve les nerfs de ces derniers.
Les visages se sont souvent figés face aux occasions manquées. Ce mercredi soir, les 200 places du Bootmaker, un grand bar de la ville, étaient remplies de supporters vêtus de rouge pour soutenir les Lions de l’Atlas, qui affrontaient les Nigérians en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations.
Les fans du Maroc ont suivi la rencontre dans une atmosphère d’abord confiante, puis tendue en scrutant de près les actions des joueurs stars, comme le défenseur marocain du PSG, Achraf Hakimi. « À Bezons, on ressent un engouement autour de la CAN » La ville du Val-d’Oise compte une importante communauté franco-marocaine, qui a l’habitude de se retrouver ici depuis le début de la CAN. Un jeune tente de s’asseoir devant l’écran 20 minutes avant le début du match. « Non ? C’est complet » , l’arrête Ram, le gérant du staff du Bootmaker. Dépités, certains ont dû faire demi-tour. D’autres regardent la télévision depuis l’entrée du bar sans s’asseoir.
Quand Achraf Hakimi entre sur le terrain, une jeune fille, drapeau marocain sur les épaules, se lève en chantant l’hymne nationale. Immédiatement, toute la salle suit. Kenza Haddad, supportrice du Maroc, a mis toute sa famille en rouge. Ses enfants portent le maillot d’Achraf Hakimi. « À Bezons, on ressent un engouement autour de la CAN, sourit-elle. On attend depuis plus de vingt ans que le Maroc gagne. Mais aujourd’hui, l’équipe adverse est de taille. Ce bar diffuse tous les matchs de la Coupe d’Afrique. Pour les Franco-Marocains, c’est un lieu de rassemblement. » « La CAN est exceptionnelle cette année » À chaque fois qu’un joueur marocain s’empare de la balle, Alladdine, 30 ans, s’anime sur son siège. Il plonge aussi sa tête dans ses mains à chaque but manqué de peu. « La CAN est exceptionnelle cette année, estime cet habitant de Bezons d’origine tunisienne. Il n’y a eu que des gros matchs même si celui-ci a commencé doucement. Le Nigeria a des bons joueurs comme Victor Osimhen. » Hamza, 30 ans, déguste, lui, une pizza sans quitter l’écran des yeux. « C’est la première fois que quatre joueurs avec le ballon d’or s’affrontent : Hakimi, Sadio Mané (Sénégal), Mohamed Salah (Égypte) et Victor Osimhen » , s’enthousiasme-t-il.
À la mi-temps, Anas croit voir « de l’intensité côté Maroc » . « Contrairement à son match précédent face à l’Algérie, le Nigeria est plutôt en défense » , observe-t-il.
Le bar a fait le plein tous les matchs
Ici, un seul arbore un visage ravi tout au long du match. Romain, le patron de l’établissement, affiche un grand sourire. « Ce soir, nous avons un gros pic d’activité avec le Maroc. On a diffusé toute la CAN. Tous les matchs ont eu du succès. Ce soir, nos 200 places sont complètes. » Et de plaisanter : « Forcément, cela nous arrange si le Maroc gagne. » La salle résonne des « allez » [ser] en arabe dès qu’un joueur avance vers le but. Mais peu à peu, les sourires laissent place à des expressions tendues. « On sent que les deux équipes ont peur car l’enjeu est de taille » , commente Haman, un supporter.
Les prolongations font trembler les supporters
Alain, rare supporter du Nigeria, grimace en mangeant son plat. « Le Nigeria souffre, souffle cet habitant de Guerville (Yvelines) originaire du Congo. Je suis l’équipe du Nigeria depuis mon enfance. Le match est compliqué. Victor Osimhen n’est pas à la hauteur. » À 22h30, les supporters du Maroc s’énervent en tapant du poing sur la table face aux difficultés de leur équipe. Lors du coup de sifflet des prolongations, les regards s’assombrissent. « Les Marocains dominent mais on a peur qu’ils aient trop donné physiquement » , avoue Haman.
Dans les dernières minutes, le bar s’anime pourtant à nouveau juste avant les tirs au but. Les supporters chantent pour pousser une dernière fois leur équipe. Ils crient ensemble « Allez Bounou ! » pour encourager le gardien marocain.
Ils ont dansé sur les tables
Tous scandent le nom de chaque joueur. La liesse éclate après chaque tir au but réussi. Celui d’Hakimi déchaîne les cris de joie.
Au 4e tir au but, les supporters exultent. Les clients se lèvent de table en hurlant gaiement, après le coup de sifflet final et une victoire 4-2. Certains montent carrément sur les tables pour danser dessus. « C’était un gros match, s’exclame Alladine. Jusqu’au bout, on a tenu. C’était dur mais c’était exceptionnel ! »
Source de l’article : Le Parisien



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