CAN 2025 : un marabout placé sous mandat de dépôt au Mali

Le marabout dénommé Karamoko Sinayoko, ayant promis la Coupe d’Afrique des nations de football (Can 2025) aux Aigles du Mali, à la Can marocaine, a est privé de sa liberté.

Le succès de Karamoko Sinayoko est intervenu après la victoire aux tirs aux buts du Mali, en huitièmes de finale de la Can, face à la Tunisie. L’intéressé avait prédit une place en quarts de finale pour les Aigles du Mali et s’est donc attribué la paternité de cette victoire.

Mais celui-ci a vite déchanté lorsque les Lions de la Teranga du Sénégal ont mis fin à l’aventure des Aigles à la Can marocaine, aux portes du dernier carré du tournoi. Son domicile a été pris à partie par une foule de supporters en colère.

Karamoko Sinayoko aurait empoché plusieurs dizaines de millions de francs CFA après avoir prédit une finale pour les Aigles.

Pratiques ancrées dans les mentalités

Pour le coach Ismaël Diane dit « Dessailly » , inspecteur de la jeunesse et des sports et entraîneur de football, les pratiques occultes n’ont pas de lien avec les résultats sportifs. « De 2008 à 2026, j’en ai tellement vu que ma conclusion est que ces pratiques-là ne nous mènent nulle part. Ce sont des illusions que ces gens-là te donnent à chaque fois, qui te font espérer » , fait remarquer Ismaël Diane.

Ce coach « pense que ce sont des choses qui sont ancrées dans nos mentalités. Mais en tant qu’éducateur, je demande à tout un chacun d’arrêter de croire à ces choses et de travailler. Travailler et faire progresser nos jeunes sur le plan technique, tactique et mental. C’est ce qui va nous permettre d’aller de l’avant » .

Le sociologue Moussa Coulibaly estime également que les pratiques occultes ne peuvent aucunement remplacer l’effort des joueurs et encore moins favoriser leurs performances.

Mais le spécialiste concède toutefois que ces pratiques sont enracinées dans la tradition malienne et africaine. « Quand la pratique a occupé pratiquement tous les aspects de la vie sociale, il va sans dire qu’elle va très certainement laisser des séquelles. En Afrique, par exemple, pour faire de bonnes récoltes, il faut faire des sacrifices. Lorsqu’on veut se marier, il faut aller voir le marabout. Même la scène politique n’échappe pas à cette pratique. » Le sociologue constate que « les marabouts, féticheurs et autres spécialistes des sciences occultes, inconsciemment, sans le savoir, sont peut-être de grands psychologues. Pratiquement tout le monde sait que ce sont de grands psychologues, sauf les athlètes eux-mêmes. La plupart des athlètes pensent qu’il y a forcément l’effet des pratiques sur leurs performances sur le terrain » .

Source de l’article : dw.com