Rapports urgents de l’Intérieur sur des mouvements suspects de promoteurs immobiliers avant le Ramadan
Des sources bien informées ont indiqué à Hespress que des rapports à caractère urgent, émanant des services des affaires intérieures des préfectures et provinces relevant des régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, ont provoqué une mobilisation immédiate des services centraux du ministère de l’Intérieur. Ces documents font état d’informations précises concernant des mouvements jugés suspects de « lobbys du ciment » — grands promoteurs immobiliers et entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics — à l’approche du mois de Ramadan, en particulier dans des communes relevant des provinces périphériques des grandes métropoles, Casablanca en tête.
Selon les mêmes sources, des promoteurs immobiliers et des entrepreneurs influents auraient engagé des négociations avec des associations proches d’élus actuels et anciens, dans l’objectif de réunir des financements destinés à l’acquisition et à la distribution d’aides alimentaires et de dons en nature au profit des personnes démunies au sein de circonscriptions électorales pendant le mois sacré. Ces initiatives viseraient à servir des intérêts politiques et électoraux de candidats connus pour leur proximité avec les « lobbys du ciment » , lesquels leur accorderaient, en contrepartie, diverses facilités, notamment en matière de délivrance d’autorisations administratives et de recouvrement fiscal.
Les rapports transmis à l’administration centrale font également état, d’après nos sources, de cas où des présidents de communes et des élus ont eu recours à des emprunts contractés auprès d’entrepreneurs et d’investisseurs afin de financer la « Caisse de Ramadan » et de couvrir leurs circonscriptions électorales par des aides alimentaires.
Les sources bien informées précisent que certains de ces présidents et élus ont remis des chèques à titre de garantie pour des montants dépassant 200.000 dirhams, soit 20 millions de centimes, dans des communes relevant de la région de Casablanca-Settat.
Il ressort par ailleurs que d’autres élus ont été contraints de rechercher des sources alternatives de financement pour les aides alimentaires, après avoir échoué à rivaliser avec des membres de conseils communaux en exercice qui se sont accaparé des bons de commande au profit des habitants de leurs circonscriptions.
Dans le même contexte, plusieurs conseils élus ont procédé à l’inscription de la « Caisse de Ramadan » dans des chapitres et rubriques aux intitulés ambigus de leurs budgets au titre de l’année 2026, liés à l’assistance aux personnes en situation de précarité sociale ou à l’octroi de dons et d’aides aux démunis et aux pauvres. Ces conseils ont veillé à maintenir la stabilité des montants programmés, voire à les augmenter dans plusieurs cas, malgré le changement des intitulés des rubriques concernées. Cette démarche viserait à éviter un refus de visa de la part des gouverneurs de provinces, devenus plus stricts dans le contrôle des dépenses jugées suspectes ou excessives, notamment celles relatives au soutien aux associations également utilisées à des fins électorales, conformément à des instructions antérieures émanant des services centraux du ministère de l’Intérieur.
Selon des sources de Hespress, les rapports des services des affaires intérieures intègrent également des faits documentés par des agents et auxiliaires d’autorité dans leurs zones de compétence, faisant état de préparatifs en vue de la distribution d’aides ramadanesques et de l’exploitation d’entrepôts et de hangars pour leur stockage par des associations et des particuliers. Ces éléments ont été consignés dans des rapports transmis aux caïds, pachas et chefs de cercles. Les documents précités confirment que des entreprises de produits alimentaires et des points de vente en gros — dont certains appartiennent à des élus — ont bénéficié des opérations d’approvisionnement en cours ainsi que de bons de commande programmés pour des montants financiers importants, afin d’assurer le ravitaillement des espaces de stockage en aides alimentaires destinées au mois sacré. Ces aides comprennent notamment de la farine, du sucre, du thé, de la tomate concentrée, des dattes, des pâtes, des légumineuses et d’autres composantes de la « Caisse de Ramadan » .
Les rapports transmis aux services du ministère de l’Intérieur relèvent également, selon nos sources, des soupçons d’exploitation électorale de la « Caisse de Ramadan » , à travers l’augmentation par certains conseils communaux des dotations allouées aux aides et subventions destinées aux populations pauvres, en particulier dans les provinces relevant des zones périurbaines.
Enfin, les sources bien informées indiquent que des présidents de communes ont déjà procédé, depuis plusieurs semaines, à l’attribution de bons de commande pour l’approvisionnement en denrées alimentaires, à l’instar du président d’une commune rurale relevant de la province de Berrechid.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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