À Montélimar, le cinéma Le Palace c’est une histoire de famille

Florence n’a pas simplement grandi à côté d’un cinéma, elle a grandi dedans. Le Palace à Montélimar, acquis par ses parents dans les années 70, est devenu très tôt son terrain de jeu et d’apprentissage. « Quand je suis arrivée avec mes parents en 1977, on logeait au-dessus du cinéma » , raconte-t-elle. Elle n’a alors que 3 ans, mais déjà le bruit du projecteur et l’odeur des fauteuils font partie de son quotidien.

Le bâtiment, né en 1912, a connu plusieurs vies. D’abord une seule salle de près de 1 000 places, puis un complexe modernisé. Aujourd’hui, le Palace compte cinq salles.

Une enfance derrière l’écran et devant les spectateurs

Là où d’autres enfants glissaient sur les toboggans, Florence plaçait déjà les spectateurs. À l’époque, le métier d’ouvreuse existe encore. Politesse obligatoire, ticket découpé, placement stratégique pour rapprocher les spectateurs. « Est-ce que vous pouvez vous décaler pour qu’il y ait deux personnes côte à côte » , demandait-elle avec sérieux. L’entracte fait aussi partie des souvenirs. Une coupure aujourd’hui disparue, durant laquelle l’ouvreuse passait avec un panier de bonbons et de glaces. « Généralement, les gens donnaient une petite pièce, et c’était mon argent de poche » .

Ne jamais dire jamais

Adolescente, Florence jure pourtant qu’elle ne fera jamais ce métier, le cinéma, ouvert le soir et le week-end, complique les relations entre enfants et parents. Mais le poids de l’histoire familiale est plus fort et elle ne se résout pas à laisser s’éteindre le travail de toute une vie.

Cette passion vient de plus loin encore. Son père, originaire de Grenoble, projetait déjà des films en 16 mm dans les villages après l’usine. Même durant son service militaire au Maroc, il devient projectionniste. « Le virus ne l’a jamais quitté » , raconte-t-elle. Aujourd’hui, l’aventure continue avec un projet de multiplex en centre-ville.

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Source de l’article : francebleu.fr