Sénégal: fortes réactions au maintien en détention préventive du député-maire Farba Ngom

Avec notre correspondante à Dakar, Léa Lisa Westerhoff

Au Sénégal, incarcéré depuis février dernier, le député-maire Farba Ngom est mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de blanchiment » , « blanchiment » ou encore « escroquerie portant sur les deniers publics » , à la suite de la publication d’un rapport de la cellule nationale de traitement des informations financières.

Lundi 12 janvier, son co-accusé l’homme d’affaires Tahirou Sarr, également accusé du détournement présumé de 125 milliards de francs CFA, a bénéficié d’une liberté conditionnelle, mais pas Farba Ngom. Pour Antoine Vey, l’avocat de ce proche de Macky Sall, ce traitement différencié est la preuve d’un acharnement politique. « Il n’y a rien qui justifie que, entre deux coaccusés de mêmes faits, il y en ait un qui soit remis en liberté et l’autre qui soit maintenu en détention. Donc je dis très clairement qu’à part une injonction politique, rien juridiquement ne peut justifier son maintien en détention aujourd’hui et la privation d’accès à des soins dont il a grandement besoin » .

Du côté du ministère de la justice on assure que c’est la découverte fin décembre, après une fouille, de deux téléphones portables que l’accusé détenait frauduleusement en prison qui justifient son maintien en détention, comme l’explique Yassine Fall, ministre de la Justice. « Ces appareils ont été utilisés pour des communications transfrontalières avec le Maroc, avec le Mali, avec l’Autriche, le Bangladesh et les États-Unis. Ces appareils ont aussi été utilisés pour des opérations financières. Donc, ces faits sont susceptibles de qualifications pénales multiples. Et nous allons demander l’ouverture d’une enquête approfondie » .

Quant à l’état de santé de Farba Ngom, il est incompatible avec la vie carcérale, selon ses avocats. Pour la ministre de la Justice, Yassine Fall, il ne justifie pas une libération provisoire dans l’immédiat.

Source de l’article : RFI