Le Maroc invité dans le débat espagnol houleux sur la gestion de l’eau
Le président du gouvernement régional de la Communauté valencienne en Espagne a exprimé sa peur de la compétitivité agricole marocaine en critiquant la décision du gouvernement espagnol de réduire l’eau destinée aux agriculteurs de sa région tout en soutenant des projets hydrauliques ailleurs.
Juanfran Pérez Llorca a voulu utiliser le Maroc pour obtenir un rapport de force avec le gouvernement espagnol. En voulant critiquer une décision du gouvernement espagnol de réduire le transfert d’eau pour certains agriculteurs, notamment dans des régions très dépendantes de l’irrigation, le responsable espagnol a cherché à inclure le Maroc dans son discours.
Alors que le gouvernement ibérique a appliqué des débits écologiques, des acteurs agricoles dans les régions de Murcie, Valence et d’Andalousie, cherchent à faire pression pour continuer à bénéficier du transfert d’eau Tage-Segura.
Selon le responsable régional, le Tage « charrie une grande quantité d’eau » , au point que des problèmes sont apparus à son embouchure, à hauteur de Lisbonne. « C’est une bonne occasion de revendiquer que part de ce débit puisse servir à renforcer notre transfert ici » , a-t-il déclaré.
Le ministère espagnol de la Transition écologique a mis en place une mesure visant à réduire l’eau acheminée depuis la tête du Tage vers le Segura et de la remplacer par de l’eau dessalée.
Le responsable espagnol a évoqué les accords de coopération entre l’Espagne et le Maroc dans le domaine des infrastructures hydrauliques pour alerter que le débit restreint d’eau pour ces régions aurait comme résultat de favoriser un acteur commercial concurrent dans le marché de l’agriculture.
Llorca qui a entendu les reproches des irrigants espagnols, s’est vu contraint de prendre la parole face à de possibles réduction des volumes d’eau transférés suite à l’application des débits écologiques et de nouvelles règles d’exploitation.
Dans une logique de surenchère politique, le responsable a ainsi critiqué le gouvernement espagnol pour avoir signé des accords avec le Maroc pour développer des infrastructures hydrauliques allant des usines de dessalement aux projets de réutilisation de l’eau.
Il a critiqué que le gouvernement espagnol s’engage auprès du Maroc à « utiliser les instruments financiers de l’Espagne » pour soutenir des projets au Maroc, notant que « ce fut une très mauvaise surprise que le gouvernement devra expliquer clairement » et de juger que l’exécutif ibérique « a toujours attaqué la politique des transferts d’eau pour des raisons environnementales et décide aujourd’hui de subventionner et de participer financièrement à la réalisation de transferts d’eau au Maroc » .
Pourtant, les accords entre l’Espagne et le Maroc portent sur de la coopération technique et financière, sans preuve concrète que l’eau produite se fera au détriment direct des agriculteurs espagnols.
L’enjeu est réellement de politique interne, mais Llorca a choisi de déplacer le débat pour faire pression sur le gouvernement et obtenir des concessions. En utilisant l’argument de la concurrence marocaine, le président du gouvernement régional de la Communauté valencienne a choisi d’utiliser un argument très apprécié des agriculteurs espagnols et des médias.
Le responsable a présenté le Maroc comme « l’un des grands pays concurrents de l’agriculture valencienne » , et indiqué que cette année. Ses arguments sont sans aucun doute motivés par des gains politiques, car grâce à cette surenchère, cela lui permet de se présenter comme le défenseur des intérêts régionaux.
Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc



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