Maroc: une croissance de 4,2% attendue début 2026 (HCP)

La croissance de l’économie marocaine devrait atteindre 4,2% au premier trimestre 2026, contre 4% au quatrième trimestre 2025, selon les prévisions du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Cette estimation figure dans le point de conjoncture publié le 13 janvier 2026, consacré à l’évolution économique récente et aux perspectives à court terme.

Malgré un environnement international marqué par un ralentissement de la demande extérieure et un durcissement des contraintes réglementaires européennes, l’économie nationale continue de faire preuve de résilience, portée principalement par ses moteurs internes.

Agriculture et services, piliers de la croissance en 2026

Selon le HCP, la légère accélération de la croissance s’explique essentiellement par la bonne performance des activités agricoles et tertiaires, dont la contribution globale atteindrait 2,9 points.

Le secteur agricole bénéficierait d’un cumul pluviométrique en hausse de 57% au cours des deux premiers mois de la campagne 2025-2026, conjugué à des mesures publiques de soutien aux agriculteurs. Sous réserve de conditions climatiques normales en hiver, cette dynamique devrait améliorer l’emploi et les revenus en milieu rural, stimulant ainsi la consommation des ménages.

Les services, notamment les services non marchands, le tourisme, le transport et les loisirs, continueraient également de soutenir l’activité économique. Les retombées de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025 ont contribué à renforcer ces secteurs, notamment à la fin de l’année écoulée.

Demande intérieure solide et investissement soutenu

Dans ce contexte, la consommation finale des ménages progresserait de 3,9% au premier trimestre 2026, tandis que l’investissement maintiendrait un rythme élevé (+9,8%), porté par la poursuite des dépenses publiques en infrastructures.

La demande intérieure demeure ainsi le principal moteur de la croissance économique, compensant en partie la faiblesse des échanges extérieurs.

Un environnement extérieur toujours contraignant

À l’inverse, le HCP met en garde contre la persistance d’un environnement international défavorable. La modération de la demande européenne, le relèvement des droits de douane américains et l’intensification de la concurrence chinoise continuent de peser sur les exportations marocaines.

À cela s’ajoutent de nouvelles contraintes réglementaires, telles que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières européennes et une législation française limitant certaines activités d’offshoring. Dans ces conditions, la croissance des exportations de biens et services serait limitée à 3,9%, bien en dessous de la moyenne des cinq dernières années.

Fin 2025 : une croissance stabilisée autour de 4%

Au second semestre 2025, la croissance économique s’est stabilisée autour de 4%, après un premier semestre plus dynamique. Le ralentissement des industries manufacturières, notamment dans les secteurs métallurgique, électronique et textile, a été compensé par la bonne tenue de l’agriculture et des services.

Par ailleurs, l’inflation a poursuivi son repli pour le troisième trimestre consécutif, atteignant -0,1% au quatrième trimestre 2025, grâce à la baisse des prix alimentaires et énergétiques.

Perspectives : une croissance sous conditions

Dans l’ensemble, le scénario du HCP repose sur un équilibre fragile entre des risques externes persistants et des facteurs internes de résilience. Une aggravation du ralentissement mondial pourrait freiner la croissance, tandis que le maintien d’un climat favorable et la poursuite des investissements publics pourraient renforcer la trajectoire économique du Maroc au début de 2026.

Source de l’article : H24info