La Coupe d’Afrique des nations, bien plus qu’un simple tournoi de football
AA / Istanbul / Fatih Ere
La 35ᵉ Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) restera comme un événement riche en scènes inspirantes, illustrant que le football est bien plus qu’un simple jeu. Organisée par la Confédération africaine de football (CAF) au Maroc, la compétition offre, au-delà du spectacle sportif, des histoires humaines poignantes appelées à marquer durablement la mémoire du continent.
Dans les tribunes, l’attention ne se porte pas uniquement sur le jeu. Les supporters expriment également, à travers leurs chants, leurs gestes et leurs mises en scène, des messages dénonçant la colonisation du continent, les guerres, les conflits internes et le racisme. Le tournoi se poursuit ainsi, porté par des récits profondément ancrés dans l’histoire et l’identité africaines.
Les tribunes se transforment en véritables scènes d’expression culturelle et symbolique. Les joueurs des 24 équipes engagées sont arrivés au Maroc vêtus de tenues traditionnelles, tandis que les supporters ont animé les stades par leurs danses, leurs costumes traditionnels et l’usage d’instruments de musique, conférant à la compétition une atmosphère unique.
– Un hommage à Patrice Lumumba dans les tribunes
Parmi les images les plus marquantes largement relayées sur les réseaux sociaux figure celle d’un supporter de la République démocratique du Congo rendant hommage à Patrice Lumumba, figure emblématique de la lutte pour la libération de l’Afrique.
Surnommé « le petit-fils de Patrice Lumumba » , le supporter congolais Michel Coca Mbuladinga s’est distingué par son attitude singulière : durant les matchs de son équipe, il est resté immobile et silencieux, tel une statue. En hommage au premier Premier ministre congolais, assassiné en 1961 seulement un an après son arrivée au pouvoir, Mbuladinga est demeuré debout pendant les 90 minutes de chaque rencontre, le bras droit levé vers le ciel, reproduisant la posture d’une statue dédiée à Lumumba.
Patrice Lumumba, artisan de l’indépendance de son pays face à la colonisation belge, a été tué dans l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire africaine. Son corps fut dissous dans de l’acide, et des enquêtes ultérieures ont révélé que des restes avaient été conservés par la Belgique. La seule partie de son corps ayant subsisté, une dent, a été restituée à sa famille à Bruxelles le 20 juin 2022, soit 61 ans après sa mort.
Malgré l’élimination de la République démocratique du Congo en huitièmes de finale, Michel Coca Mbuladinga s’est imposé comme l’une des figures les plus marquantes et symboliques des tribunes du tournoi.
– Un joueur privé de la vue d’un œil, symbole de courage et de persévérance
Parmi les récits marquants côté terrain figure également celui de l’attaquant burkinabè de 23 ans Georgi Minoungo, devenu un symbole de détermination après avoir perdu la vue d’un œil tout en poursuivant sa carrière professionnelle.
Évoluant au sein du club américain des Seattle Sounders, le joueur a souffert en 2023 d’un grave problème de santé à l’œil gauche, à l’issue duquel il a définitivement perdu la vision. Malgré ce handicap, Minungo a continué à jouer, contribuant à la qualification de son pays pour la phase finale du tournoi et à son accession aux huitièmes de finale.
Son parcours fait de lui un modèle de courage et de persévérance pour la jeunesse africaine, illustrant une fois de plus que la Coupe d’Afrique des nations dépasse le cadre strict du football pour devenir un vecteur d’inspiration et d’espoir.
– Des supporters venus de très loin
La Coupe d’Afrique des nations a également été marquée par les parcours hors normes de supporters ayant parcouru des milliers de kilomètres pour soutenir leur équipe nationale.
Un supporter algérien a ainsi relié l’Inde au Maroc, parcourant près de 18 000 kilomètres, dont une grande partie à vélo. De son côté, un supporter marocain malvoyant a effectué un trajet de 560 kilomètres afin d’encourager son équipe.
Le supporter marocain atteint de déficience visuelle, Mohamed Boukhaliq, a parcouru 560 kilomètres pour soutenir la sélection nationale. Le tournoi a également mis en lumière l’histoire du supporter algérien Mohamed Dastnasin, parti d’Inde et ayant traversé plusieurs pays à vélo pour rejoindre le Maroc, illustrant la ferveur et l’attachement profond des supporters africains à leur équipe.
– Les demi-finales de la CAN prévues pour demain 14 janvier
Dans le cadre de la 35ᵉ Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025), les matches des demi-finales se joueront demain. La rencontre entre le Sénégal et l’Égypte est programmée à 20h00 (heure turque), tandis que l’affiche Nigeria–Maroc débutera à 23h00 (heure turque).
Au total, 21 joueurs évoluant en Trendyol Süper Lig participent au tournoi. Six d’entre eux disputeront les demi-finales avec leurs sélections respectives. Il s’agit de Victor Osimhen (Nigeria) et Ismail Jakobs (Sénégal) pour Galatasaray, de Wilfred Ndidi (Nigeria) pour Besiktas, de Youssef En-Nesyri (Maroc) pour Fenerbahce, de Paul Onuachu (Nigeria) pour Trabzonspor et de Cherif Ndiaye (Sénégal) pour Samsunspor.
Auteur d’un parcours historique lors de la Coupe du monde 2022, où elle avait atteint les demi-finales, la sélection marocaine figure parmi les principaux favoris pour le titre. Finaliste de la dernière édition, le Nigeria espère cette fois décrocher le trophée. Nation la plus titrée de l’histoire de la compétition avec sept sacres, l’Égypte vise un nouveau triomphe. Le Sénégal, sacré une seule fois champion d’Afrique, nourrit quant à lui l’ambition de conquérir un nouveau titre continental.
*Traduit du turc par Ben Amed Azize Zougmore
Source de l’article : Anadolu Ajansı



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