Forum économique mondial: le Maroc, un modèle mondial dans la conciliation entre sécurité alimentaire et transition énergétique
Un rapport récent du Forum économique mondial (World Economic Forum – WEF) a salué l’expérience marocaine, qualifiant le Royaume de « modèle mondial de référence » dans la résolution de l’une des équations les plus complexes auxquelles l’humanité est confrontée aujourd’hui : concilier la sécurité alimentaire avec l’accélération de la transition énergétique dans un contexte de dérèglement climatique.
Le rapport souligne que le Maroc est parvenu à mobiliser les énergies renouvelables et l’innovation industrielle non seulement pour réduire son empreinte carbone, mais aussi pour soutenir directement les chaînes de production agricole, renforçant ainsi la résilience des systèmes alimentaires.
Rédigé par Hanan Morshed, responsable de la durabilité et de l’innovation au sein du Groupe OCP, et publié par le Forum économique mondial, le document part d’un diagnostic précis du double défi mondial : nourrir une population planétaire appelée à atteindre 9,8 milliards de personnes à l’horizon 2050, tout en réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, alors que les systèmes agricoles et alimentaires actuels sont responsables d’environ un tiers des émissions mondiales.
Dans ce cadre, le rapport s’arrête sur ce qu’il qualifie de « paradoxe africain » . Bien que le continent africain dispose de près de 65 % des terres arables non exploitées à l’échelle mondiale, il demeure un importateur net de denrées alimentaires.
Pour le WEF, cette situation fait du développement de modèles agricoles durables une priorité stratégique absolue, un domaine dans lequel le Maroc s’impose comme un acteur de premier plan et une source d’inspiration.
Le document met en avant la position stratégique du Maroc dans la géopolitique alimentaire mondiale, rappelant que le Royaume détient près de 70 % des réserves mondiales de phosphate et figure parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux d’engrais. Le rapport souligne que le phosphate, aux côtés de l’azote et du potassium, constitue un élément clé pour garantir la fertilité des sols et la durabilité de la production agricole.
À cet égard, le Forum économique mondial salue la stratégie marocaine de développement d’engrais à faible empreinte carbone, qui permet à la fois d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des nutriments et d’aider les agriculteurs à s’adapter aux stress climatiques croissants, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire tout en réduisant l’impact environnemental.
Sur le plan des engagements climatiques, le rapport rappelle que le Maroc a relevé significativement son niveau d’ambition dans le cadre de sa contribution déterminée au niveau national (CDN), en s’engageant à réduire ses émissions de 21,6 % de manière inconditionnelle, et jusqu’à 53 % avec un soutien international d’ici 2035, par rapport à l’année de référence 2010. Dans ce contexte, le secteur du phosphate contribue à lui seul à hauteur de 9 % de l’effort national global de réduction des émissions.
Le rapport met également en lumière le vaste programme d’investissement lancé par le Groupe OCP, visant une montée en puissance significative de la production d’engrais phosphatés, qui devrait passer de 12 millions de tonnes en 2024 à 20 millions de tonnes à l’horizon 2027. Cette dynamique s’inscrit parallèlement dans un objectif stratégique ambitieux : atteindre la neutralité carbone globale d’ici 2040, un défi majeur pour une industrie traditionnellement considérée comme difficile à décarboner.
Sur le volet énergétique, le document indique que les énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, ont représenté environ 22 % de la production d’électricité du Maroc en 2023, avec un objectif de 52 % à l’horizon 2030. Les projets « OCP Green Energy » constituent un levier central de cette stratégie, avec pour ambition d’alimenter à 100 % les activités minières et industrielles du Groupe en énergie propre d’ici 2027, pour une capacité installée dépassant 1,2 gigawatt.
Le rapport n’élude pas non plus la problématique de l’eau, soulignant que le Maroc adopte une approche intégrée liant sécurité hydrique et transition énergétique. L’initiative « OCP Green Water » illustre cette orientation en couvrant l’ensemble des besoins industriels grâce au dessalement de l’eau de mer et à la réutilisation des eaux usées traitées, réduisant ainsi la pression sur les ressources hydriques conventionnelles.
Par ailleurs, le Forum économique mondial met en avant le fort potentiel du Maroc dans la production d’hydrogène et d’ammoniac verts, ouvrant la voie à la fabrication d’engrais phosphatés sans carbone et renforçant la cohérence entre les politiques énergétique et alimentaire du Royaume.
Sur le plan social et territorial, le rapport salue les programmes de proximité déployés au Maroc, tels que « Al Moutmir » et « TURBA » , fondés sur une approche centrée sur l’agriculteur. Les résultats chiffrés témoignent de leur efficacité, avec une augmentation des rendements agricoles pouvant atteindre 23 %, une hausse des revenus des agriculteurs de plus de 50 %, ainsi qu’un bénéfice environnemental notable grâce au stockage de jusqu’à 1,4 tonne de carbone par hectare.
En conclusion, le Forum économique mondial affirme que l’expérience marocaine démontre de manière concrète que la sécurité alimentaire et la décarbonation ne sont pas des objectifs antagonistes, mais bien deux trajectoires complémentaires qui se renforcent mutuellement. Le modèle marocain, fondé sur l’intégration des énergies renouvelables, de l’agriculture durable, de l’innovation industrielle et du financement inclusif, est ainsi présenté comme un exemple reproductible et inspirant pour les pays en développement en quête d’une croissance durable et inclusive.
Source de l’article : lareleve.ma



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