À 5 mois d’affronter les Diables au Mondial, l’Égypte tient enfin son match référence
Arrivée pétrie d’incertitudes sur le sol marocain, l’Égypte est en demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations. La bande de Mohamed Salah s’est révélée au meilleur des moments face à la Côte d’Ivoire (3-2), tenante du titre, alors que son parcours jusqu’en quarts avait été laborieux. Il y a des victoires qui renforcent un groupe et le soutien de l’opinion publique et celle de ce samedi en fait incontestablement partie. Elle intervient surtout au meilleur des moments, à cinq mois d’une Coupe du monde 2026 où les Pharaons auront une superbe carte à jouer contre la Belgique, l’Iran et la Nouvelle-Zélande dans un groupe G abordable.
Ahmed Kamal, journaliste pour le quotidien Ahl Masr, nous l’expliquait récemment : malgré d’excellents résultats sur le plan comptable, l’Égypte peine à trouver son rythme de croisière et à rassurer les observateurs depuis l’arrivée d’Hossam Hassan à son chevet. Invaincus en matches officiels sous les ordres du meilleur buteur absolu de la sélection mais peu rassurants derrière, en manque d’inspiration devant, les Égyptiens ne comptent plus parmi les sélections de tout premier plan du continent. La Coupe d’Afrique des Nations 2023, achevée en huitièmes de finale sans la moindre victoire, a laissé des traces. La prestation de ce samedi n’efface pas ces difficultés, en a même illustré certaines, mais démontre que le projet de jeu brut et peu ambitieux d’Hassan peut porter ses fruits.
Il y avait peu de mystères sur la façon dont l’Égypte aborderait ce premier gros test en match officiel de l’ère Hossam Hassan. Depuis le deuxième match de cette CAN contre l’Afrique du Sud, l’homme de 59 ans opte pour un dispositif en 3-5-2 qui protège sa charnière centrale, en net déficit de qualité, par l’ajout d’un troisième élément. En phase défensive, le trio a la consigne de reculer et de former une ligne de cinq compacte en apparence avec l’appui des pistons (généralement Mohamed Hamdi et Mohamed Hany).
Le collectif égyptien dans son ensemble aime composer un bloc bas compact et très agressif et ne recherche pas à tout prix la maîtrise du ballon (29% de possession ce samedi). Les Pharaons récupèrent donc rarement le cuir haut sur le terrain (troisième nombre de récupérations hautes le plus faible de la phase de poules) et ne s’en encombrent pas lorsqu’ils s’en emparent, même contre des adversaires modestes : ils renseignent 33 dégagements par match en phase de poules, 53 en 120 minutes face au Bénin et 40 face à la Côte d’Ivoire !
La mise en place de ce nouveau système prend logiquement du temps et l’Égypte compte parmi les mauvais élèves de cette CAN en termes d’occasions concédées, malgré deux clean sheets en cinq matches. On pouvait donc s’attendre à voir la Côte d’Ivoire d’Amad Diallo et Yan Diomandé en profiter mais c’est finalement sur phases arrêtées que le bât a blessé ce samedi côté égyptien, avec comme résultat deux buts inscrits par les Éléphants.
Connue pour s’appuyer en grande majorité sur des joueurs locaux (22 des 28 joueurs appelés pour la CAN évoluent dans le championnat égyptien), l’Égypte avance sous le leadership de deux hommes : Omar Marmoush et Mohamed Salah. Le 3-5-2 d’Hassan a l’avantage d’associer les deux fers de lance en pointe. Après quatre matches, le bilan est plutôt positif. Les deux hommes ont inscrit à eux deux six des neuf buts égyptiens et même Salah, adepte de l’aile droite, y trouve son compte. En difficulté à Liverpool cette saison, le capitaine des Pharaons monte en puissance à la CAN et sera toujours leur principal atout à la Coupe du monde.
Face aux Ivoiriens, l’Égypte a fait preuve de réalisme et inscrit trois buts, une première en 90 minutes dans ce tournoi. Avec toujours les mêmes ingrédients offensifs : un jeu direct, rapide et porté sur la profondeur. La 35e nation au ranking FIFA se repose beaucoup sur la vitesse de ses deux attaquants, ce qui pourrait poser des problèmes à la défense des Diables qui a déjà montré de profondes carences dans ce domaine.
Lorsqu’elle est bien contenue, l’Égypte peine par contre à se réinventer et son manque de flexibilité tactique pourrait s’avérer problématique dès ce mercredi, lors de la demi-finale face au Sénégal. En particulier si elle se retrouve menée au score, ce qui n’est arrivé que lors du premier match de cette CAN face au Mozambique (2-1), avant l’installation du 3-5-2. Une victoire confirmerait par contre la montée en puissance des Red Sea Boys, en quête d’un huitième titre historique au Maroc et principaux outsiders de la poule G du Mondial dans l’ombre des Diables Rouges.
Source de l’article : RTBF



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