« On nous a dit qu’il était décédé » , le Maroc sous le choc à la CAN

Le Maroc peine à convaincre depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations. Si les Lions de l’Atlas avaient fait bonne figure lors de leur dernier match de poule face à la Zambie (3-0), il en a été tout autrement en huitièmes de finale, les hommes de Walid Regragui devant se contenter d’une victoire minimaliste longue à se dessiner contre la Tanzanie (1-0).

Les supporters marocains ne sont pas rassurés. Et ce d’autant plus que les demi-finalistes de la dernière Coupe du monde ont rendez-vous avec le Cameroun. Un match qui fait ressurgir un traumatisme. Lors de la seule précédente CAN organisée à domicile, en 1988, le Maroc s’était en effet incliné en demi-finale contre les Lions Indomptables (1-0). « Les supporters sont traumatisés par ça, m’en parlent tout le temps. Leur angoisse, c’était de prendre le Cameroun » , a d’ailleurs confié à L’Equipe Claude Le Roy, qui officiait sur le banc du Cameroun lors de cette CAN 1988. Les Marocains gardent un souvenir précis de ce duel: la sortie sur blessure dès la 9e minute de Hassan Mouhaid, victime d’un terrible coup de tête d’André Kana-Biyik. Une agression en bonne et due ferme restée impunie. « Aujourd’hui, je crois qu’on m’aurait suspendu à vie » « Il y a un coup franc et le joueur me suit partout, me prend en individuelle. Et il me crache dessus. Et là, en une fraction de seconde, le coup de tête part, ça aurait pu être un coup de genou ou un coup de poing, a raconté le fautif. Aujourd’hui, je crois qu’on m’aurait suspendu à vie et même au quartier, je n’aurais pas eu le droit de jouer. » Le bilan est terrible pour Hassan Mouhaid, qui tombe inanimé et est évacué sur une civière, la cloison nasale fracturée. Les joueurs marocains craignent le pire pour leur coéquipier. « On nous a dit qu’il était décédé. C’est terrible et évidemment, ça nous a déstabilisés. Hassan, c’était mon grand frère, on était du même quartier. Quand on vous dit ca en plein match » , s’est souvenu Moustapha El-Haddaoui. « Quand je suis rentré juste après le match, j’étais vraiment mal, a appuyé Merry Krimau. Ma maman m’a dit : » Mais quelque chose ne va pas ? « Comme on avait dit qu’il était mort, je suis parti illico à la clinique et, heureusement… » Les Marocains espèrent désormais une revanche. « Les jeunes peuvent nous venger. Les conditions sont différentes, le foot a évolué et il y a le VAR » , a soufflé l’ancien Bastiais.

Source de l’article : Sports.fr