Médina de Fès : Les riverains des maisons menaçant ruine tirent la sonnette d’alarme

La situation des bâtiments menaçant ruine dans la médina de Fès continue de susciter une vive inquiétude.

Ce mercredi 7 janvier 2026, une vingtaine d’habitants ont interpellé les autorités compétentes, appelant à une intervention d’urgence pour prévenir de nouveaux drames. En ligne de mire : des maisons abandonnées, fragilisées par le temps et les intempéries, dont l’effondrement pourrait provoquer des dégâts en chaîne sur les bâtisses mitoyennes encore occupées. Réunis sur place, les riverains ont sollicité l’intervention immédiate de l’Agence pour la dédensification et la réhabilitation de la médina de Fès (Ader-Fès), afin de procéder à la démolition des constructions vides les plus dangereuses. Ils ont également demandé l’appui de l’arrondissement de Fès-Médina et des autorités locales, estimant que la menace est désormais imminente pour plusieurs familles vivant dans des conditions de grande précarité. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par les récentes pluies intenses qui ont mis à nu la fragilité persistante du patrimoine bâti ancien de la ville. Lundi dernier en l’espace de quelques heures, deux effondrements successifs de maisons classées menaçant ruine ont plongé la cité idrisside dans un état d’alerte sécuritaire et administrative. Le premier incident s’est produit à Derb Daoudi, dans le quartier Rmila, au cœur de la médina, où le plafond d’une habitation ancienne s’est brutalement effondré, blessant une femme. Rapidement dépêchée sur les lieux, la protection civile a procédé à son évacuation vers l’hôpital régional Al Ghassani, en présence des autorités locales mobilisées.

Quelques heures plus tard, un second effondrement est venu accentuer la tension. Un immeuble de trois étages s’est écroulé au quartier Aïn Drissi, dans l’arrondissement de Jnane El Ward. Si aucune victime n’est à déplorer, grâce aux décisions d’évacuation prises en amont, l’incident a néanmoins causé d’importants dégâts matériels à un bâtiment voisin, désormais soumis à une expertise technique urgente.

Ces épisodes relancent avec acuité le débat sur la gestion des bâtiments menaçant ruine à Fès, en particulier dans la médina, classée au patrimoine mondial. Ils interrogent, une fois de plus, l’efficacité des dispositifs de prévention et d’anticipation face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents, qui font peser une menace directe et permanente sur la sécurité des habitants.

Y.S.A

Source de l’article : L'Economiste