Sofiane Boufal ou l’inexorable et déplorable fuite des talents
Il aurait dû disputer la Coupe d’Afrique des Nations avec le Maroc (pour lequel il totalise 46 caps et 8 buts), il aurait même pu prétendre au titre de Soulier d’or s’il avait pu prester de façon régulière, au lieu de cela Sofiane Boufal s’en est allé sur la pointe des pieds, donnant aux supporters unionistes et aux suiveurs du championnat de Belgique une impression d’inachevé par rapport à son immense talent.
Depuis son arrivée le 3 septembre 2024 en provenance du club qatari d’Al Rayyan, le demi-finaliste de la dernière Coupe du Monde aura disputé 40 matchs pour l’Union, toutes compétitions confondues, mais avec une faible moyenne de minutes prestées : 41 en moyenne sur ses 25 matchs de 2024-2025 (assorties de 4 assists), 20 en moyenne sur ses 15 matchs de 2025-2026 (demi-saison en l’occurrence). Deux assists seulement, le dernier signé au stade Metropolitano de l’Atletico Madrid en Champions League le 4 novembre dernier.
Bien sûr, Boufal est arrivé à court de rythme, bien sûr il a encouru quelques blessures, dont une préjudiciable au tout début des Playoffs, dont le Marocain n’aura disputé que le premier… et le dernier match (une minute symbolique).
Mais entretemps ? Pourquoi n’a-t-il pas réussi à signer une série plus longue que 10 matchs (entre le 7 novembre et le 26 décembre 2024) ? Pourquoi autant de mystère autour de sa personne ?
Lors du match de Champions League contre l’Olympique de Marseille le 9 décembre, Boufal est monté pour la dernière demi-heure. Ses dernières minutes sur le sol belge. Un régal, un éblouissement, incarnés par une ouverture magique de l’extérieur du pied sur sa première action. Le Parc Astrid n’avait plus connu cela depuis les arabesques du Pharaon Ahmed Hassan il y a 20 ans ! Ce soir-là, Boufal n’aurait pas fait tache dans l’équipe d’en face, en soutien de Mason Greenwood, Igor Paixao et Pierre-Emerick Aubameyang. 5 jours plus tard, à Charleroi, il n’a pas décollé du banc… Quant aux deux derniers matchs de l’année civile contre Zulte Waregem et au Cercle, il n’a plus été retenu pour « raisons privées » . Très bien, mais quelles raisons privées ? Des raisons qui n’existaient pas préalablement ? Car, dans le cas contraire, l’argument n’a jamais été avancé et semble asséné comme un deus ex machina. Même quand on a posé la question à David Hubert, lors de la conférence de presse post-OM, de savoir pourquoi un si bon joueur jouait si peu. Dans une langue de bois propre au milieu du football, il nous fut répondu que Boufal « ne jouait pas moins qu’un autre » , et qu’il était « un des 25 joueurs à disposition comme le autres » .
Source de l’article : RTBF



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