Bourse: Les repères clés pour bien aborder 2026
Tout d’abord, le niveau de valorisation du marché s’est nettement amélioré en 2025. Le PER global est passé de 35,3x en 2024 à 22,9x en 2025e, sous l’effet de la forte progression de la masse bénéficiaire des sociétés cotées avant de baisser à 21,04x en 2026e.
Cette évolution s’explique principalement par un rattrapage des résultats, après une année 2024 marquée par plusieurs éléments exceptionnels. En comparaison internationale, la Bourse de Casablanca demeure plus valorisée que les marchés frontières et émergents, tout en restant légèrement en retrait par rapport aux grands indices développés. Pour 2026 donc, le marché devrait continue d’afficher un niveau de valorisation intéressant (inférieur à sa moyenne sur 5 ans).
Résultats 2025-2026 : niveaux attendus et effet sur les multiples
Les publications annuelles, attendues au plus tard fin mars, devraient confirmer une année 2025 de franchissement de cap. Selon les estimations de BMCE Capital Global Research, le bénéfice net part du groupe (RNPG) agrégé du marché atteindrait 41,2 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 30,8% par rapport à 2024. Pour 2026, les projections tablent sur une poursuite de la croissance à un rythme plus normatif. Le RNPG agrégé est attendu à 44,4 milliards de dirhams, en progression de 7,7%, tandis que le chiffre d’affaires atteindrait 323,9 milliards de dirhams (+8,2%) et le résultat d’exploitation 91,3 milliards de dirhams (+8,3%).
Selon BKGR, cette trajectoire bénéficiaire se traduirait par une détente graduelle des multiples, le PER agrégé étant attendu autour de 21,3x en 2025, puis 19,8x en 2026, toutes choses égales par ailleurs.
Politique monétaire : un cadre toujours lisible
Sur le plan monétaire, le contexte demeure favorable. Bank Al-Maghrib dispose encore d’une marge de manœuvre pour poursuivre l’assouplissement de sa politique monétaire. Dans un environnement d’inflation maîtrisée autour de 1% en 2026, une poursuite de la détente des taux reste envisagée, avec une première cible du taux directeur autour de 2% en 2026, selon les observateurs.
Taux et actions : écart resserré
L’environnement de taux constitue un autre repère important en ce début d’année. Après le pic observé en 2022-2023, les rendements souverains se sont progressivement stabilisés, tout en restant à des niveaux significatifs sur les maturités longues. Le taux des bons du Trésor à 10 ans évolue ainsi autour de 3%, après avoir dépassé 4% en 2022. Dans le même temps, le rendement du dividende du marché actions s’est contracté sous l’effet de la forte hausse des cours enregistrée en 2025. Il ressort autour de 2,9% en 2025e, contre des niveaux supérieurs à 3,5% sur la période 2016-2019. Pour 2026p, le dividend yield du marché est attendu autour de 3% contre un BDT à 2,8%.
Ce rapprochement entre le rendement du dividende et le taux sans risque illustre un arbitrage moins marqué entre actions et obligations qu’au cours des dernières années. Le marché obligataire conserve, dans ce contexte, son rôle de baromètre. L’évolution de la courbe des taux et le rythme des adjudications du Trésor resteront des indicateurs suivis, tant pour leur impact sur le coût du financement que pour leur influence sur les flux entre classes d’actifs.
Financements innovants : un facteur de liquidité
Le recours marqué de l’État aux financements innovants, notamment via les OPCI, constitue un paramètre de liquidité à suivre. En 2025, ces opérations ont entraîné une réallocation de flux de la part des investisseurs institutionnels, au détriment des OPCVM, contribuant ponctuellement à des tensions sur les marchés actions et obligataire.
Près de 35 milliards de dirhams avaient été budgétés au titre des financements innovants en 2025, contre 20 milliards de dirhams prévus en 2026. L’évolution du rythme de ces opérations restera un repère important pour apprécier la liquidité du marché des capitaux.
Autres dossiers à suivre
Enfin, plusieurs dossiers demeurent présents en toile de fond du marché.
MSCI Emerging Markets
La possibilité d’une intégration du marché marocain au sein de l’indice MSCI Emerging Markets, non actée lors de la dernière revue de juin, reste suivie par les investisseurs. L’amélioration progressive de la liquidité et de la structure du marché continue d’alimenter ce dossier, même s’il ne constitue pas un catalyseur de court terme.
Introductions en Bourse
La dynamique des IPO observée ces derniers mois devrait se poursuivre. Elle contribue à élargir l’offre de titres, à diversifier les opportunités d’investissement et à soutenir l’animation du marché, notamment auprès des investisseurs particuliers.
Marché à terme
L’opérationnalisation progressive du marché à terme avec un premier produit sur actions (Future sur le MASI.20), constitue une évolution structurante. À mesure que ces instruments seront adoptés, ils pourraient renforcer les outils de couverture et, à terme, améliorer la profondeur et la liquidité du marché.
Source de l’article : Boursenews



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