Précipitations exceptionnelles: vers la fin de la sécheresse au Maroc? (experts)
Les précipitations exceptionnelles de ces dernières semaines au Maroc annoncent-elles un retour à la normale après plusieurs années de sécheresse ou sont-elles un signe du changement climatique? La DGM répond.
Après sept années consécutives de sécheresse, le Maroc connaît depuis plusieurs semaines des précipitations d’une ampleur inhabituelle, marquées par des pluies abondantes sur les plaines et d’importantes chutes de neige dépassant parfois un mètre sur les sommets de l’Atlas. Ce phénomène suscite autant d’espoir que de questionnements sur son origine et sa portée.
Alors, ces précipitations exceptionnelles indiquent-elles un retour à la normale ou un signe du changement climatique? Dans un communiqué, la Direction générale de la météorologie (DGM) tranche: cette situation ne relève ni d’un « miracle » inexpliqué ni d’un changement climatique soudain, mais elle est le résultat d’une « mécanique atmosphérique bien identifiée » .
En effet, les experts de l’institution évoquent d’abord le retrait de « l’anticyclone des Açores » , un rempart de haute pression qui bloquait, depuis des années, l’arrivée des perturbations atlantiques vers le Maroc en les déviant vers l’Europe. À cela s’ajoute « la descente du courant-jet » , un vent de haute altitude, vers les latitudes marocaines, « ouvrant une autoroute aux dépressions atlantiques chargées d’humidité » .
C’est « la rencontre entre ces masses d’air froid polaire et l’humidité de l’Océan, accentuée par notre relief (l’Atlas), qui explique l’intensité des chutes de neige (jusqu’à 80 cm, voire plus d’un mètre par endroits) » , poursuit la DGM.
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Faut-il y voir le signe d’un changement durable du régime climatique? La DGM répond qu’ « il faut rester prudent. Scientifiquement, ces épisodes font partie de la variabilité naturelle du climat méditerranéen » . Ils ne suffisent donc pas, à ce stade, à conclure à une rupture définitive du cycle de sécheresse.
Néanmoins, l’impact positif de ces précipitations est déjà là. Selon la DGM, elles nourrissent un espoir concret pour la campagne agricole et contribuent à un début régénération de la nappe phréatique et des barrages, en plus d’offrir une bouffée d’oxygène pour nos écosystèmes montagnards, durement affectés par les années de déficit hydrique.
En conclusion, la DGM explique que si on ne peut pas encore parler d’un retour durable à la normale, cette « instabilité » météorologique constitue une opportunité précieuse pour les ressources en eau du Royaume. C’est aussi « un rappel que la nature peut encore nous surprendre » .
Source de l’article : H24info



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