Neige et pluies : simple répit ou vrai changement de cycle ?
Les plaines gorgées d’eau. Les sommets de l’Atlas recouverts d’un manteau blanc épais. Cet hiver tranche avec les saisons précédentes, dominées par la sécheresse. Dans certaines zones montagneuses, la neige a dépassé les 80 centimètres, frôlant parfois le mètre. Les barrages reprennent des couleurs. Les nappes phréatiques montrent des signes de recharge.
Un soulagement immédiat, mais fragile
Sur le terrain, les effets sont rapides. L’agriculture, éprouvée par plusieurs campagnes difficiles, retrouve une marge de manœuvre. Les cultures pluviales respirent. Les pâturages se régénèrent. Dans les zones rurales comme urbaines, les réserves d’eau offrent un peu de répit.
La biodiversité, notamment en altitude, profite aussi de cet apport hydrique. Les écosystèmes reprennent vie après une longue période de stress. Mais derrière cet optimisme, une interrogation persiste. Ces précipitations annoncent-elles un retour à la normale ou un épisode isolé ?
Une mécanique atmosphérique connue
Du côté des météorologues, le discours se veut mesuré. Selon la Direction générale de la météorologie, cette séquence s’inscrit dans une configuration atmosphérique bien identifiée. En cause d’abord, le recul de l’anticyclone des Açores. Ce système de haute pression, très présent ces dernières années, bloquait l’arrivée des perturbations atlantiques vers le Maroc. Son affaiblissement a rouvert le couloir de l’humidité océanique.
Autre facteur déterminant : l’abaissement du courant-jet. En descendant vers les latitudes marocaines, ce puissant flux de haute altitude a facilité l’entrée des dépressions. Le choc avec l’air froid polaire, combiné au relief de l’Atlas, a favorisé d’importantes chutes de neige. Un enchaînement peu fréquent, mais loin d’être mystérieux.
Pas de conclusion hâtive
Les experts restent prudents. Ces épisodes relèvent encore de la variabilité naturelle du climat méditerranéen. Une saison humide ne suffit pas à effacer une tendance installée depuis plus d’une décennie. Le changement climatique, lui, reste un paramètre de fond. Il accentue les extrêmes, sans permettre de tirer des conclusions sur une seule année.
La séquence actuelle offre donc un répit bienvenu à un pays sous pression hydrique. Mais elle ne signe pas, à ce stade, un tournant climatique. Les prochaines saisons seront décisives. En attendant, un mot d’ordre s’impose : gérer l’eau avec rigueur, sans céder à l’illusion d’un retour durable à l’abondance.
Source de l’article : Lesinfos.ma



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