Défaite « inexplicable » et sélectionneur probablement licencié : pour la Tunisie, l’élimination de la CAN va laisser des traces

Comme lors de la CAN 2021, les Aigles de Carthage se sont fait déplumer par ceux du Mali. Et comme lors de l’édition 2023, c’est un penalty inscrit par Lassine Sinayoko qui a empêché les Tunisiens de l’emporter (1-1, 3 tirs au but à 2).

Mais cette fois-ci, pas de scandale d’arbitrage – il y a quatre ans, Janny Sikazwe avait donné le coup de sifflet final avant même la fin du temps réglementaire – pour justifier le résultat, qui semble d’autant moins excusable que les joueurs de Sami Trabelsi ont évolué à onze contre dix pendant plus d’une heure après l’exclusion de Woyo Coulibaly pour un tacle dangereux sur Hannibal Mejbri (26e).

Meilleur joueur de l’équipe lors de la phase de groupes, ce dernier symbolise les difficultés rencontrées par ses coéquipiers ce samedi soir : malgré un abattage et une maîtrise technique toujours aussi précieux dans l’entrejeu, le milieu offensif de Burnley a subi l’agressivité imposée dans les duels par les Maliens, avant de surjouer en tentant de provoquer un penalty sur une simulation qui lui vaudra un carton jaune à l’heure de jeu.

Un échec vraisemblablement fatal au sélectionneur

Le coupable idéal de la déroute se trouve sur le banc des Aigles de Carthage, ou plutôt se trouvait, puisque Trabelsi devrait être démis de ses fonctions après cette élimination dès les huitièmes de finale. « C’était un match difficile. La Tunisie a globalement maîtrisé les débats, mais malheureusement, après notre but, il s’est produit quelque chose d’inexplicable et nous avons commis une erreur » , a-t-il déclaré en conférence de presse après la rencontre, assumant la « responsabilité » de cette contre-performance, première surprise de la CAN 2025.

En plus d’avoir sorti Mejbri à la 85e minute, soit onze minutes avant l’égalisation malienne, le sélectionneur tunisien n’aura jamais su profiter de la supériorité numérique de sa formation pour développer la créativité offensive d’une équipe réduite à des fulgurances.

C’est sur l’une d’elles que l’entrant Firas Chaouat, qui a remplacé un Hadj Mahmoud fantomatique (0 tir, 2 ballons touchés dans la surface adverse), a cru offrir la qualification en quarts de finale à la Tunisie en reprenant d’une tête à l’aveugle un centre d’Elias Saad, lui aussi remplaçant au coup d’envoi. Un coaching parfait ? C’était sans compter sur la maladresse de Yassine Meriah, auteur d’une faute de main sanctionnée d’un penalty, après avoir suppléé un Dylan Bronn blessé dès la 12e minute de jeu.

À l’inverse, l’ailier gauche du Celtic Sebastian Tounekti, dont l’entrée en jeu face au Nigeria en phase de groupes avait coïncidé avec le retour au score des Tunisiens (2-3), est resté sur le banc, alors que sa capacité à dévorer les espaces en profondeur aurait constitué un atout de poids face au bloc compact des Maliens. « On rêve trop, mais on ne travaille pas assez » Au cœur d’un stade Mohamed V de Casablanca où les supporters tunisiens n’ont cessé de donner de la voix avec l’aide des spectateurs marocains, et dans un pays du Maghreb où la Tunisie nourrissait de hautes ambitions vingt-deux après son sacre à domicile contre les Lions de l’Atlas, les coéquipiers d’Ismaël Gharbi n’ont pas non plus réussi à emballer la séance de prolongations, avant de se faire renverser au cours d’une séance de tirs au but à l’image du scénario des 90 premières minutes.

Privée de l’imperméabilité défensive (6 buts encaissés en 4 matches, 0 clean-sheet), qui lui vaut le surnom d’ « Italie de l’Afrique » , et en panne d’idées en attaque, la Tunisie devra retrouver un plan de jeu conforme à son statut et au talent de ses individualités dans la perspective de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. « En tant que pays, on est en retard. On rêve trop, mais on ne travaille pas assez. On ne se forme pas, c’est pas la honte d’apprendre tous les jours » , a estimé Mejbri en zone mixte après la rencontre pour expliquer l’élimination tunisienne.

À la suite de deux échecs avant les quarts de finale du tournoi continental – les Tunisiens n’avaient même pas passé la phase de groupes en 2023 -, reste à savoir quel entraîneur saura permettre aux Aigles de Carthage de reprendre leur envol.

Source de l’article : Le Parisien