Hannibal Mejbri lâche une bombe : « le football tunisien est en retard de dix ans »

Les mots sont rares, crus et lourds de sens. Hannibal Mejbri, international tunisien, a livré un réquisitoire sans détour contre l’état du football tunisien, dans une sortie médiatique qui a fait l’effet d’un électrochoc. Des déclarations « cash » , assumées, et surtout révélatrices d’un malaise profond. « On est vraiment en retard dans le football. Et ça fait dix ans que ça traîne » , lâche le milieu de terrain, visiblement affecté, conscient de la portée de ses propos mais déterminé à dire ce que beaucoup pensent tout bas. Pour Mejbri, le problème dépasse largement les résultats sportifs : c’est tout un système qui est à revoir dans le football tunisien.

Le millieu de terrain insiste sur la nécessité d’une remise à plat globale, allant bien au-delà du terrain. « Il faut qu’on se forme ou qu’on réapprenne tout. Du premier travail dans le football jusqu’aux médias. Tout le monde est concerné » , affirme-t-il, appelant à une réforme structurelle profonde et collective.

Dans son analyse, la comparaison avec le Maroc est sans appel. Hannibal Mejbri souligne le contraste entre l’évolution du football marocain et le recul tunisien, rappelant que la Tunisie organisait une Coupe d’Afrique il y a vingt ans, alors qu’aujourd’hui, le pays semble avoir perdu son avance. « On le voit aujourd’hui au Maroc » , dit-il, en référence aux infrastructures, à la vision et à la progression globale du football dans le Royaume.

Conscient de sa position, le joueur reconnaît vivre à l’étranger et s’interroge sur sa légitimité à parler. Mais sa frustration est palpable, nourrie par une élimination douloureuse et le sentiment que la Tunisie peut – et doit – faire mieux. « On a plein de choses positives, mais on ne les exploite pas » , regrette-t-il.

Au-delà de la polémique, la sortie de Hannibal Mejbri sonne comme un appel urgent à la prise de conscience. Une parole brute, sans filtre, qui met les responsables, les institutions et l’écosystème du football tunisien face à leurs responsabilités. Reste à savoir si ces mots provoqueront enfin le débat et les réformes que le football tunisien semble attendre depuis trop longtemps.

Source de l’article : Industrie du Maroc