Alain Giresse, hommages unanimes
Le Gabon est tombé de haut à la Coupe d’Afrique des Nations. Débarqués au Maroc avec l’espoir de se qualifier pour les huitièmes de finale, les Eléphants ont été la première équipe éliminée. Conséquence de leurs défaites concédées face au Cameroun (1-0) et surtout au Mozambique (3-2). Une fois encore, les Eléphants auront déçu.
Le Gabon a rarement été à la fête à la CAN. Sa dernière performance notable remonte à 2012. Pays organisateur avec la Guinée, il avait en effet réalisé un sans-faute lors de la phase de groupes avant de s’incliner aux tirs au but face au Mali en quarts de finale. Une élimination d’autant plus difficile à vivre que les Aigles étaient dirigés par Alain Giresse, l’ancien sélectionneur du Gabon.
L’ancien membre du carré magique a officié durant quatre ans à la tête des Eléphants, redonnant quelques couleurs à la sélection. Alors qu’il pointait à la 125e place au classement FIFA à son arrivée, le Gabon monte jusqu’au 40e rang après notamment des victoires sur le Cameroun, le Ghana ou le Maroc. Passé proche d’une qualification historique pour la Coupe du monde 2010, il est cruellement éliminé dès la phase de groupes lors de la CAN, seulement devancé par la Zambie et le Maroc en raison d’une moins bonne attaque. « C’est plus qu’un coach » Alain Giresse n’en a pas moins laissé que des bons souvenirs au Gabon. « Il a aimé le pays, le rapport au ballon, les gens, cette ferveur spéciale… C’est plus qu’un coach. J’ai avec lui une relation de fils. Plus de la moitié de l’équipe est toujours en contact avec lui » , raconta Bruno Ecuele Manga, le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection. « Il a transformé l’équipe et tout le football gabonais, dit également à son sujet Moïse Brou Apanga, disparu en 2017. C’est un entraîneur exceptionnel à la hauteur du joueur qu’il a été. Et surtout, humainement, c’est une grande personne et on a eu du plaisir à être sous ses ordres. Il a donné le sourire aux Gabonais et certains joueurs qui ne voulaient plus venir en sélection sont revenus grâce à lui. » Ce fut notamment le cas de Daniel Cousin, la star de la sélection, qui avait mis sa carrière internationale entre parenthèses en raison de la mauvaise gestion du football gabonais. « Tout apparaît plus simple avec lui » , confia à son sujet l’ancien Lensois.
Alain Giresse vécut un grand bonheur à la tête du Gabon. « Je n’ai jamais vu une telle fraternité, une telle joie de se retrouver. Avec le Gabon, je suis revenu aux sources du jeu. Je ne gagnerai jamais la Coupe du monde ou la Ligue des champions, mais j’aurai connu ce bonheur absolu, qu’il est impossible d’éprouver en France » , souligna-t-il au sujet de cette expérience, ajoutant : « Ils me montrent à quel point nous avons tout, dont tant de superflu. Je vois beaucoup de dignité dans ces existences dures. Le football oui, mais vont-ils manger trois repas ? J’y reçois une leçon de vie. »
Source de l’article : Sports.fr



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