Le fils unique de Brigitte Bardot, « l’objet de son malheur » , va-t-il hériter de son patrimoine ?

Brigitte Bardot s’en est allée à l’aube, ce dimanche 28 décembre 2025. Elle laisse derrière elle un fils unique, resté dans son ombre. En janvier 1960, au faîte de sa gloire, « B.B. » accouche d’un garçon, Nicolas, son seul enfant, né de son histoire d’amour avec l’acteur Jacques Charrier (décédé en septembre 2025). Se disant dénuée d’instinct maternel, l’actrice laisse son mari élever leur fils, loin des projecteurs.

Plus tard, elle dira qu’elle vécut cette grossesse comme « une tumeur » , puis cet enfant comme « l’objet de [son] malheur » . Dans ses mémoires, Brigitte Bardot déclarera : « J’aurais préféré accoucher d’un petit chien. » L’homme et son père la poursuivront pour violation de la vie privée, diffamation et injure, atteinte à l’intimité intra-utérine. Elle sera condamnée.

Tout comme avec son fils, la relation de Brigitte Bardot avec ses petites-filles fut distante. Elle confiera que ses rapports pénibles de l’enfance s’étaient apaisés avec son fils, qui vivait en Norvège et lui rendait visite une fois par an.

Mais alors, qui va hériter du patrimoine de l’actrice française ?

La réserve héréditaire

En France, on ne peut pas faire ce qu’on veut dans le domaine de l’héritage, ni exclure ses descendants de sa succession. « En effet, une fraction du patrimoine du défunt revient obligatoirement à des descendants » , indique service-public.fr. On appelle aussi cette disposition la réserve héréditaire, qui a été définie par la loi du 23 juin 2006, au sein de l’article 912 du Code civil. « Non, si vous résidez en France, vous ne pouvez pas déshériter vos enfants » , au contraire des lois de certains pays étrangers qui admettent cette possibilité, ajoute le site, qui précise que « la réserve héréditaire ne représente jamais la totalité de votre héritage » .

Vous pouvez donner une part de vos biens par donation ou testament à la personne de votre choix (vos petits-enfants, votre conjoint survivant, un voisin, une association, etc.). Cette part est appelée la quotité disponible. La quotité disponible dépend du nombre d’héritiers réservataires.

service-public.fr

Comment est divisé un héritage ?

Comme actu.fr l’expliquait dans un précédent article, si le défunt n’a pas fait de testament, c’est l’ordre de priorité des héritiers qui détermine les parts d’héritage. Si le défunt n’avait pas de conjoint, héritent d’abord ses enfants et leurs descendants, puis les père et mère, les frères et sœurs et descendants de ces derniers, ensuite les ascendants autres que les père et mère (grands-parents) et enfin les collatéraux jusqu’au sixième degré, autres que les frères et sœurs et les descendants de ces derniers (neveux, cousins).

Au contraire, si un testament a été rédigé, une partie du patrimoine du défunt est réservée à certains héritiers et la part restante peut être attribuée aux personnes de son choix.

Quelles sont les proportions du partage ? Voici ce qu’indique la loi française pour la part réservataire : pour 1 enfant, la moitié des biens lui revient forcément ; pour 2 enfants, ce sera les deux-tiers du patrimoine ; pour 3 enfants ou plus, les trois-quarts de ce qui est possédé leur seront réservés.

Logiquement, le fils unique de Brigitte Bardot devrait donc toucher une partie de l’héritage de l’actrice (s’il y en a un). Reste à savoir dans quelle proportion. Sachant que la célèbre propriété de l’actrice, La Madrague à Saint-Tropez, a été intégrée au capital de la Fondation Brigitte Bardot.

Après Brigitte Bardot, sa Fondation survivra

La Fondation Brigitte Bardot, qui fêtera ses quarante ans l’an prochain, « continuera, plus que jamais, à porter l’œuvre de Brigitte Bardot » , a assuré dimanche l’organisation dans le communiqué annonçant le décès de sa fondatrice à 91 ans. Son héritage, souligne‑t‑elle, « demeure vivant dans les actions menées avec la même passion et la même fidélité à ses idéaux. » Créée par l’actrice mythique en 1986 à Saint-Tropez (Var), cette association dédiée à la protection des animaux sauvages et domestiques en France et dans le monde est devenue l’une des structures les plus importantes de la cause animale en France. « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Maintenant je donne ma sagesse et mon expérience et le meilleur de moi-même aux animaux » , disait la star de son combat.

Après des débuts modestes « dans une petite chambre d’amis de La Madrague » , célèbre villa tropézienne de l’actrice, l’organisation s’était installée en 1988 à Paris, dans un immeuble de trois étages du 16ᵉ arrondissement dont elle est aujourd’hui propriétaire. La Madrague elle‑même a été intégrée au capital de la fondation en 1992.

Depuis sa création, la fondation dénombre plus de « 12 000 animaux recueillis dans l’ » Arche de BB « » . Pilotée par un conseil d’administration sous tutelle ministérielle et soutenue par des bénévoles, la structure est reconnue d’utilité publique. Ce statut lui permet de recevoir des legs exonérés de droits de succession, qui représentent désormais 95 % de ses ressources.

Le reste provient de dons de particuliers. Au total, la fondation emploie environ 300 personnes réparties au siège et sur plusieurs sites en France. À ces infrastructures s’ajoutent des actions à l’international, menées dans 70 pays (Inde, Thaïlande, Chine, Maroc, Turquie…), du sauvetage d’animaux domestiques aux programmes de protection d’espèces menacées. Chaque année, le service juridique mène par ailleurs des centaines d’enquêtes pour lutter contre la maltraitance.

Source de l’article : Actu.fr