Pourquoi des salariés de l’aéroport sont en grève à Clermont-Ferrand
Ce lundi 29 décembre, une grève est en cours à l’aéroport de Clermont-Ferrand. Elle perturbe le trafic. Les syndicats dénoncent l’absence d’augmentation de salaires du personnel au sol et la suppression de plusieurs lignes.
C’est un mouvement massif. Plus de 60% des salariés de l’aéroport de Clermont-Ferrand sont en grève ce lundi 29 décembre, depuis 6h00 ce matin. Cela entraîne des retards mais aucune annulation n’est prévue. Les syndicats dénoncent l’absence d’augmentation de salaires du personnel au sol mais aussi la baisse de l’activité depuis plusieurs années. Il y a 20 ans, on comptait 90 vols quotidiens et il n’y en a plus que 3 aujourd’hui. En 2026, l’aéroport prévoit encore une baisse de trafic de 25 %. Environ 250 000 passagers par an passent par cette structure contre un million dans les années 2000.
Un avenir incertain
Arnaud Boucheix, secrétaire général CGT de l’aéroport, explique : « Cela ne date pas d’aujourd’hui qu’on a des lignes en moins. C’est courant. Des lignes en moins représentent des salariés en moins et des destinations non offertes aux passagers, mais aussi des dégradations des conditions de travail pour les salariés. A l’heure actuelle, Ryanair ne s’est toujours pas positionné sur les lignes pour Fès, Porto et Londres. La plupart des aéroports ont annoncé les nouvelles lignes. Celui de Clermont-Ferrand est toujours oublié. Hier soir, pour le vol vers Roissy, les voyageurs ont attendu plus d’1h15 leurs bagages. On s’est retrouvé à deux pour traiter deux vols en même temps, les dégivrages et le poids des bagages. A deux personnes c’est quasiment impossible maintenant. On n’attend plus grand-chose de la direction car les richesses créées ne sont pas renvoyées aux salariés mais remontent à la holding du groupe Vinci. Ils ont proposé 5 euros par mois en plus pour les salariés. Ce sont des miettes. On préfère les leur laisser. On souhaite plus de reconnaissance et de respect pour les travailleurs. Les conditions de travail se sont dégradées. On a 10% de démissions de salariés en 2024. Ce sont des salariés qui avaient 20 ou 25 ans d’ancienneté. Travailler à flux tendu devient de plus en plus difficile. La qualité de services se dégrade pour les passagers. Ils attendent souvent leurs bagages, dans des conditions difficiles » .
Un préavis jusqu’au 4 janvier
Il poursuit : « Je pense que c’est une stratégie du groupe car Vinci est là pour faire du business. Quand l’exploitation n’est pas rentable, le groupe n’a pas d’intérêt à vouloir rester. On craint pour l’avenir de Vinci ici. On espère que le service public sera exploité par le domaine public. Le syndicat mixte ou Clermont Auvergne Métropole auraient la capacité d’exploiter cet aéroport. Le laisser à de grands groupes du CAC 40 c’est pour leur permettre de faire du business, du fric. Pour le service public, cela reste discutable » . Le préavis de grève court jusqu’au dimanche 4 janvier. D’autres mobilisations pourraient être prévues en 2026. Contactée, la direction de l’aéroport ne s’est pour l’heure pas exprimée.
Article réalisé à partir du reportage de Léa Broquerie et Lilia Khelfaoui / France 3 Auvergne
Source de l’article : France 3 Régions



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