Mort de Brigitte Bardot: une fin de vie marquée par l’intolérance

L’icône du cinéma français s’est éteinte dimanche 28 décembre 2025. Si les cinéphiles retiendront la star du « Mépris » , une grande partie de l’opinion publique, notamment au Maghreb, gardera l’image d’une femme qui a fini par embrasser la haine.

Condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, Brigitte Bardot avait fait de l’islamophobie son dernier combat politique. Jusqu’à son dernier souffle, elle aura multiplié les attaques, ciblant encore récemment le Maroc et l’organisation du Mondial 2030.

Le contraste fut saisissant jusqu’à la fin. D’un côté, la libératrice des mœurs des années 60; de l’autre, la militante d’une France rance, obsédée par le « grand remplacement » . Dans les années 1990, après avoir quitté les plateaux de tournage, Brigitte Bardot a opéré un virage radical, scellé par son mariage avec Bernard d’Ormale, conseiller de l’ombre de Jean-Marie Le Pen.

Ce n’était pas un hasard de parcours, mais une convergence idéologique profonde, rappelle le journal Le Monde. Comme l’écrivait le fondateur du Front National, ils partageaient « la nostalgie d’une France propre » . Mais là où certains se contentaient de mots couverts, Bardot a repoussé les limites du dicible, multipliant les dérapages sur l’islam, redoutant une « Marianne maghrébine » et prophétisant que le sang des moutons de l’Aïd annonçait celui des « femmes et enfants » .

Cette hostilité viscérale s’est encore manifestée en avril dernier, quelques mois seulement avant sa mort, lors d’une offensive virulente contre le Royaume. Dans une lettre ouverte adressée à Gianni Infantino, président de la FIFA, l’ancienne actrice exigeait purement et simplement la disqualification du Maroc comme pays hôte de la Coupe du Monde 2030. Elle accusait le pays de procéder à un « abattage massif » de trois millions de chiens errants pour « nettoyer » les rues avant l’arrivée des touristes. Dénonçant des « pratiques immondes » et une supposée complicité de la FIFA, elle décrivait des scènes d’horreur- empoisonnements à la strychnine, tirs par balles -rejetant catégoriquement les démentis de Rabat qui assurait que ces pratiques n’avaient plus cours.

Politiquement, elle n’a jamais caché ses préférences, naviguant entre les figures les plus radicales de la droite extrême. Si elle trouvait Jean-Marie Le Pen parfois excessif, elle voyait en sa fille Marine une « Jeanne d’Arc du XXIe siècle » et tressait des lauriers à Eric Zemmour ou Vladimir Poutine. Bien qu’elle ait parfois sollicité des figures de gauche uniquement pour la cause animale, sa boussole indiquait invariablement l’extrême droite.

Brigitte Bardot meurt ainsi comme elle a vécu ses trente dernières années: en rupture totale avec le « vivre-ensemble » , laissant derrière elle un héritage culturel terni par une fin de vie marquée par l’intolérance et des croisades douteuses contre des nations entières.

Source de l’article : lareleve.ma