Une conjoncture portée par l’agriculture, l’industrie et le tourisme: Une fin d’année dynamique pour l’économie marocaine
Portée par une combinaison de facteurs favorables, l’économie marocaine semble sur une trajectoire positive. Une dynamique qui offre de bons espoirs pour la fin de l’année 2025. Décryptage.
Une dynamique économique globalement positive se dégage en cette fin d’année, avec des indicateurs sectoriels orientés à la hausse. Cette tendance est portée principalement par l’amélioration des conditions climatiques, la solidité de l’activité industrielle et la bonne tenue du secteur du BTP et de l’activité touristique. C’est ce qui ressort du bilan dressé par la Direction des études et des prévisions économiques et financières (DEPF) dans sa récente note de conjoncture.
Une campagne agricole qui s’annonce bonne
En ce qui concerne les activités primaires, la campagne agricole s’annonce plutôt bonne. Les précipitations que connaît le Royaume augurent, en effet, d’une bonne moisson. « Les pluies abondantes et quasi généralisées enregistrées récemment dans l’ensemble des régions du Royaume devraient renforcer les réserves hydriques des barrages nationaux ainsi que celles des nappes phréatiques » , commente la DEPF dans sa publication. À cet égard, le volume des retenues dans les barrages nationaux a atteint 5,8 milliards de m³ au 24 décembre 2025, correspondant à un taux de remplissage de 34,7 %, en amélioration de 6,1 points par rapport à la même date de l’année précédente. Par ailleurs, d’importantes chutes de neige ont été observées dans plusieurs régions du Maroc permettant, à cette même date, de couvrir une superficie de 54.084 km2. Le secteur agricole poursuit également son élan à l’export. Le chiffre d’affaires des expéditions s’est établi au titre des dix premiers mois de l’année autour de 33,5 milliards de dirhams, en progression de 7,3 %.
En parallèle, l’activité de la pêche côtière et artisanale affiche un ralentissement. Le volume des débarquements s’est contracté de 15 % à fin novembre contre une baisse de 1,5 % une année plus tôt. « Ce repli s’explique, essentiellement, par le recul des captures de poissons pélagiques de 18,5 % et, dans une moindre mesure, de celles des céphalopodes de 17 %. En revanche, le volume des captures de poissons blancs et d’algues a évolué favorablement avec des augmentations respectives de 8 % et 24 % » , selon la DEPF qui relève par ailleurs une baisse de 3,8 % de la valeur marchande de ses débarquements après une amélioration de 6,2 % observée en novembre 2024. Une évolution qui résulte du recul de la valeur des captures de poissons pélagiques de 8,8 % et de céphalopodes de 5,2 %, modéré toutefois par le renforcement de la valeur des captures de poissons blancs (+7,6 %), d’algues (+26,3 %) et de coquillages.
Un élan positif pour le secteur manufacturier
Sur le plan industriel, le secteur manufacturier s’inscrit dans un bon élan. L’indice de la production s’est consolidé de 2,2 % au cours du troisième trimestre 2025. « Cette évolution s’explique essentiellement par l’effet de base par rapport à la hausse exceptionnelle enregistrée au troisième trimestre 2024 (+9,2 %) » , explique la DEPF. Et de préciser : « En effet, comparé au même trimestre de 2023, cet indice s’est raffermi de 11,6 % » . La progression observée entre le troisième trimestre 2024 et la même période de l’année 2025 s’explique par le renforcement des indices de production des « industries alimentaires » (+11,3 %), de la « fabrication d’autres produits minéraux non métalliques » (+12,2 %), de l’ « industrie chimique » (+4,3 %), de l’ « industrie automobile » (+7,4 %), de la « fabrication de produits en caoutchouc et en plastique » (+16,2 %) et de la « fabrication d’autres matériels de transport » (+19,9 %).
Rappelons qu’au terme des neuf premiers mois de 2025, l’indice de production du secteur manufacturier s’est accru, en moyenne, de 4,1 % après une augmentation de 5,7 % un an plus tôt. Au premier mois du quatrième trimestre 2025, d’après les derniers résultats de l’enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib, le taux d’utilisation des capacités de production (TUC) du secteur manufacturier a atteint un niveau record de 80 %, enregistrant un raffermissement de 1,4 point. Cette performance revient au renforcement du TUC de l’industrie « agroalimentaire » (+4 points), des industries de « textile et cuir » (+3 points) et de la « chimie et parachimie » (+1point).
Une croissance solide pour le secteur du BTP
Le secteur du BTP poursuit sa dynamique. A fin novembre, les baromètres du secteur atteignent une bonne performance. Les ventes de ciment se sont en effet redressées de 10,6 % après une hausse de 8,9 % une année plus tôt. Cette bonne tenue s’explique par le renforcement des ventes des segments du bêton prêt à l’emploi. Elles se sont consolidées de 26,6 % au moment où celles de la distribution ont grimpé de 4,1 %. On note également une progression de 16,6 % des ventes du préfabriqué, de 10,1 % de celle de l’infrastructure et de 2 % de celles du bâtiment. S’agissant du financement des opérations immobilières, les crédits à l’immobilier se sont améliorés de 3,2 % au terme des dix premiers de 2025, après une hausse de 2,1 % un an plus tôt, dépassant ainsi les 319,5 milliards de dirhams. Pour ce qui est de l’encours des crédits à l’habitat, il s’est consolidé de 3,3 % à fin octobre 2025, contre +1,6 % un an auparavant. Il en est de même pour l’encours des crédits à la promotion immobilière qui s’est accru de 4,5 % au titre de la même période.
L’activité touristique bat les records
L’activité tertiaire, pour sa part, demeure solidement soutenue par la bonne dynamique du secteur touristique. A fin novembre, le flux des arrivées à la destination « Maroc » a atteint un niveau record, franchissant le cap des 18 millions d’arrivées marquant ainsi une progression de 14 %, après un raffermissement de 19,8 % un an passé. « D’après le baromètre du tourisme mondial, le nombre de touristes internationaux s’est accru à l’échelle mondiale de 5 % à fin septembre 2025, le Maroc figure parmi les pays ayant connu les plus forts taux de croissance durant cette période (+14,1 %) » , relève-t-on de la DEPF. Et de poursuivre qu’ « au cours des neuf premiers mois de 2025, l’afflux de touristes internationaux a augmenté de 10 % en Afrique, de 4 % en Europe, de 2 % aux Amériques et au Moyen Orient. En Asie-Pacifique, ces arrivées se sont renforcées de 8 %, recouvrant 90 % des chiffres réalisés à la même période d’avant la pandémie » . Pour ce qui est des nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés au niveau national, leur nombre a dépassé les 36,2 millions de nuitées à fin octobre 2025, en consolidation de 9 %.
Dans ce cadre, les nuitées des non-résidents se sont accrues de 11 % et celles des résidents de 3 %. Il est à souligner que la ville de Marrakech a abrité 31 % de la totalité de ces nuitées, enregistrant plus de 11,2 millions de nuitées, soit une amélioration de 3 % par rapport à fin octobre 2024. La majorité des autres destinations principales du Maroc a connu des croissances à deux chiffres, notamment Agadir (+11 %) avec près de 6,9 millions de nuitées, Casablanca (+16 %), Tanger (+15 %), Fès (+12 %) et Rabat (+14 %). De même, le nombre des nuitées s’est accru de 7 % au niveau d’Essaouira et de 6 % dans la région d’Al Haouz. Concernant les recettes voyages, elles ont atteint un nouveau record au terme des dix premiers mois de 2025, avec un montant de 113,3 milliards de dirhams, soit une performance de +16,7 %, au lieu d’un accroissement de 6,8 % un an auparavant.
Source de l’article : Aujourd'hui le Maroc



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