Performance de l’administration fiscale : le FMI dresse un bilan contrasté
Sept ans après sa précédente évaluation, le Fonds monétaire international vient de passer au crible la performance de l’administration fiscale marocaine. un exercice qui a souligné les tops et les flops du système.
Le FMI vient de publier les résultats d’une nouvelle évaluation du système d’administration fiscale du Maroc. Réalisée entre fin septembre et mi-octobre 2025, cette analyse s’inscrit dans le cadre d’une assistance technique et constitue la deuxième évaluation après celle de 2018. Le rapport met en évidence des progrès notables, mais aussi des fragilités persistantes qui continuent de peser sur l’efficacité de la Direction générale des impôts (DGI).
En 2024, dans un contexte de croissance ralentie à 3,2 %, la DGI a collecté 343,7 milliards de dirhams, soit 21,53 % du PIB. La TVA reste le pilier des recettes fiscales avec 37 % du total, devant l’impôt sur les sociétés (22 %) et l’impôt sur le revenu des personnes physiques (18 %). Sur les 32 indicateurs de performance analysés par le FMI, 18 affichent une amélioration par rapport à 2018, ce qui traduit des avancées réelles.
Les tops de la DGI
Parmi les points positifs, le FMI relève la modernisation des opérations de la DGI. L’introduction du portail en ligne SIMPL a permis de généraliser la déclaration électronique, désormais obligatoire pour tous les contribuables. Plus de 90 % des déclarations et paiements d’impôts sont traités par voie électronique.
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La gestion des risques a également été renforcée grâce au Système de recoupement et d’analyse des données (SRAD), qui exploite les mégadonnées pour cibler les contrôles sur les dossiers sensibles. La DGI a par ailleurs instauré une culture de service, avec des outils accessibles 24 h/24 comme le portail internet, l’application mobile « Daribati » et un centre d’appels. Des programmes d’éducation fiscale ont même été introduits dans les écoles.
Administration fiscale : Les points d’amélioration
Cependant, le rapport souligne plusieurs faiblesses majeures. L’intégrité du registre des contribuables reste compromise par les retards dans la désactivation des contribuables inactifs. Les taux de déclaration dans les délais demeurent inférieurs aux normes internationales : seulement 57,3 % pour l’impôt sur les sociétés et 62,2 % pour l’impôt sur le revenu.
Le stock d’arriérés fiscaux est jugé élevé, représentant 58,8 % des recettes de base recouvrées sur les trois derniers exercices. Le processus de remboursement de la TVA souffre également de retards importants, faute d’une évaluation systématique des risques. Enfin, le contentieux fiscal reste marqué par des délais longs et une indépendance limitée.
Pour le FMI, cette évaluation doit servir de catalyseur du changement. Elle constitue une base solide pour la révision du Plan stratégique 2024-2028 de la DGI et l’élaboration des plans annuels de mise en œuvre. L’objectif est clair : aligner davantage l’administration fiscale marocaine sur les bonnes pratiques internationales, renforcer la confiance des contribuables et garantir une amélioration continue.
Source de l’article : H24info



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