CAN : pourquoi les stades annoncés « sold out » ne sont pas remplis
Dans les tribunes du stade Moulay-Hassan, à Rabat, Kaki et Mehdi ne décolèrent pas. Vingt minutes avant l’entrée en lice de l’Algérie contre le Soudan (3-0), le stade est à moitié vide. « On a souffert pour avoir des billets, soufflent les deux potes. On vient de Belfort et on fait tous les déplacements de l’équipe nationale. Certains ne sont pas venus, car ils ne voulaient pas avoir la honte en n’entrant pas dans le stade vu que c’était sold out ! » Cette rencontre annoncée à guichets fermés ne fera finalement qu’une affluence de 16 000 spectateurs, au lieu des 22 000 attendus. La Fédération algérienne a distribué quelques billets devant l’hôtel Marriott d’Agdal, le matin du match, et a demandé un quota plus important pour la deuxième journée, face au Burkina Faso, dimanche.
Le marché noir atteint des sommets
Que s’est-il donc passé pour en arriver à voir l’ouverture du Maroc dimanche contre les Comores (2-0) avec des milliers de sièges vides, alors que les tickets s’étaient arrachés en un clin d’oeil ? Selon une source proche de l’organisation, « le problème serait le marché noir, que ce soit sur le match de l’Algérie ou du Maroc. Des spécialistes de la revente ont acheté en gros, mais ils n’ont pas anticipé qu’on avait changé le système pour l’éviter. Avec les applications sur téléphone comme Afcon ticket, les échanges n’étaient plus aussi simples et ils se sont retrouvés avec plein de tickets qu’ils n’ont pu vendre. » Le marché noir a aussi atteint des sommets, jusqu’à 500 euros la place de 50 euros. Et ces revendeurs n’avaient pas prévu le déluge qui s’est abattu sur Rabat… Mais cela ne doit pas masquer la défaillance du système de billetterie. Une autre application mise en place en septembre 2025, Yallah, permet ainsi de transférer les places de match, mais il faut créer un compte et entrer ses documents d’identité, ce qui peut être perçu comme une mesure de contrôle des flux de la part du Maroc.
Et dans les autres pays aussi, les images ont fait désordre. Même si ce n’est pas une surprise. À la CAN, les supporters ne se déplacent que très rarement, la faute à un manque de moyens. Et le coût d’un séjour au Maroc reste très élevé. À Agadir, lundi, devant cet état de fait, les autorités ont laissé gratuitement entrer des spectateurs pour les débuts de l’Égypte, ce qui a donné le sentiment d’une réelle passion pour Mohamed Salah et sa bande.
L’organisation a annoncé des affluences en hausse de 50,6 % par rapport à 2023
Mais cette initiative individuelle ne devrait pas être renouvelée. En tout cas, la Confédération africaine de football n’a jamais envoyé de demande officielle en ce sens au comité d’organisation marocain, avec lequel les relations manquent d’ailleurs de fluidité. Et il n’est pas sûr que les autorités, notamment le ministère de l’Intérieur, accèdent à une telle requête. Le pays n’est pas du genre à transiger avec les mesures de sécurité.
Mardi, la police a démantelé un réseau de revente, et huit personnes ont été arrêtées. L’organisation a communiqué sur des affluences en hausse de 50,6 % par rapport à la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. Les chiffres sont à prendre parfois avec des pincettes. Le comité d’organisation le sait et se penche activement sur cette question de remplissage.
Source de l’article : L'Équipe



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