2025, l’année des adieux à des icônes de la musique, du cinéma et du théâtre marocains

À l’approche de la fin de l’année 2025, le monde artistique marocain s’arrête, comme suspendu, entre recueillement et mélancolie. Les derniers mois ont été marqués par une série de disparitions qui ont profondément éprouvé le milieu culturel. Musiciens, comédiens, figures du théâtre et des arts populaires : autant de visages familiers qui, chacun à leur manière, ont façonné une mémoire collective et donné au patrimoine marocain quelques-unes de ses œuvres les plus marquantes.

Cette année aura ainsi été celle des adieux à des artistes dont les trajectoires singulières ont accompagné des générations et contribué à inscrire le Maroc sur la carte culturelle du monde arabe.

Naïma Samih, la voix emblématique

Le 8 mars 2025, le public marocain perd l’une des voix majeures de la chanson nationale : Naïma Samih s’éteint à l’âge de 72 ans, après un combat contre la maladie. Depuis les années 1970, elle avait su porter la musique marocaine bien au-delà des frontières. Nombreux sont ceux qui la qualifiaient de « Dame du tarab » , tant sa présence vocale, sa sensibilité et sa capacité à traduire les émotions avaient marqué les auditeurs au Maroc et dans le monde arabe.

Mohamed Choubi, acteur et homme de lettres

Le 2 mai 2025, c’est le comédien Mohamed Choubi qui disparaît, à 62 ans, à la suite d’une longue lutte contre une cirrhose du foie. Acteur, mais aussi poète et écrivain, il était l’une des figures phares du théâtre marocain contemporain. Sa présence forte, nourrie d’une profondeur humaine rare, lui avait permis d’incarner des rôles où se mêlaient réflexion intellectuelle et intensité dramatique.

Mohcine Jamal, entre tradition et modernité

En avril, la musique marocaine perd une autre de ses voix populaires : Mohcine Jamal, décédé à 77 ans après une longue maladie. Sa carrière s’était construite sur une articulation subtile entre héritage et modernité. À travers des rythmes mêlant tradition et contemporanéité, il avait laissé une empreinte durable dans la mémoire musicale nationale.

Naïma Bouhmala, une popularité durable

Le 28 mai 2025 marque la disparition de l’actrice Naïma Bouhmala, morte à 77 ans après une période de maladie. Son nom est associé à de nombreuses œuvres télévisuelles, théâtrales et cinématographiques. Elle demeure l’une des comédiennes les plus populaires du pays, ayant largement contribué à enrichir le répertoire artistique marocain.

Mohamed Razine, la scène comme miroir du réel

Le 23 octobre 2025 s’éteint Mohamed Razine, à 79 ans, à l’issue d’une longue maladie. Comédien de théâtre, de cinéma et de télévision, il était reconnu pour ses rôles d’une grande densité, capables de donner à voir les réalités sociales marocaines. Il avait notamment participé à des œuvres devenues des repères du cinéma national, parmi lesquelles Al Kanfoudi et As-Sarab.

Mustapha Bakbou, le maître gnaoui

Le 8 septembre 2025, le monde du patrimoine musical dit adieu à Mustapha Bakbou, décédé à l’âge de 72 ans. Figure majeure de l’art gnaoui, il comptait parmi les grands maâlems qui ont contribué à projeter cette musique spirituelle sur la scène internationale, la faisant passer d’un patrimoine local à un genre reconnu dans le monde entier.

Abdelkader Moutaâ, pilier du drame marocain

Le 21 octobre 2025, le grand comédien Abdelkader Moutaâ disparaît à l’âge de 85 ans. Sa carrière, qui a embrassé télévision, théâtre et cinéma, a profondément marqué la dramaturgie marocaine. Ses rôles, souvent ancrés dans les réalités sociales, ont fait de lui l’un des piliers du jeu dramatique contemporain.

Mohamed Ben Abdeslam, gardien de la musique ancienne

Au début de l’année 2025, la disparition de Mohamed Ben Abdessalam prive la scène marocaine de l’une de ses grandes figures de la musique ancienne. Son œuvre a largement participé à la construction de l’identité musicale nationale, préservant l’authenticité d’un répertoire traditionnel malgré les mutations artistiques contemporaines.

Kaoutar Boudarraja : journaliste et voix médiatique

Le 27 juin 2025, les médias marocains ont appris avec émotion le décès de Kaoutar Boudarraja, animatrice et journaliste appréciée, à seulement 37 ans après un long combat contre la maladie. Engagée dans son travail à la télévision et présente dans plusieurs productions dramatiques, elle a su toucher un large public par sa présence à l’écran et son professionnalisme.

Hassan Belmouden, la mémoire des arts populaires

L’année 2025 enregistre également la mort du musicien Hassan Belmouden, connu pour sa proximité avec les arts populaires puisant dans la mémoire collective. Artiste proche du public, il s’était attaché à transmettre le patrimoine oral et musical à travers une expression directe et accessible, participant à de nombreuses manifestations consacrées à la culture locale.

Ces disparitions successives laissent un vide sensible. Mais elles s’accompagnent d’un héritage foisonnant : des voix, des rôles, des mélodies et des gestes qui continueront d’habiter la scène culturelle marocaine bien au-delà de 2025.

Source de l’article : Hespress Français – Actualités du Maroc