2025, année de contraste et de faste pour le Maroc (par Oumar NDIAYE)
Dans la première quinzaine du mois de décembre, nous avons eu l’honneur de participer, à Rabat, pour la quatrième fois, aux Atlantic Dialogues organisés par le think tank marocain Policy Center for the New South. C’était juste avant le début de la Coupe d’Afrique des nations qui devait démarrer vers la fin du mois de décembre.
Lors des débats de cette rencontre stratégique, Paulo Portas, ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement portugais, avait lancé une phrase en soulignant que 2025 serait une « année en or » de la diplomatie marocaine.
En effet, le 31 octobre 2025, le Maroc remportait ainsi une victoire qu’il cherchait depuis presque cinq décennies. La question du Sahara occidental, unique priorité et préoccupation de la politique étrangère du Maroc depuis 1975, a connu ainsi une résolution en sa faveur.
Toutes les alliances, les coups de semonce comme le retrait en 1984 du Maroc de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, ancêtre de l’Union africaine) et aussi les remontrances du Maroc à l’endroit de ses partenaires extérieurs ont été conditionnés par leurs postures sur cette question qui est d’un intérêt vital et stratégique pour le Royaume.
Avec la résolution 2797 rédigée par les États-Unis et adoptée par le Conseil de sécurité, il a été dit que le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine du Sahara occidental est la solution « la plus réalisable » pour ce territoire. « Cette victoire » est ainsi l’aboutissement d’un long processus de par des approches nationales de grands investissements dans les provinces du Sud et aussi externes avec un soft power sans coercition, de par les changements de position d’abord des États-Unis et d’autres pays comme l’Espagne, la France et le Royaume-Uni sur la question du Sahara occidental.
Depuis plus de trois décennies, coïncidant avec l’accession au pouvoir du roi Mohammed VI, le Maroc a l’une des politiques étrangères les plus proactives du continent, avec un dynamisme alliant réalisme (realpolitik plutôt), pragmatisme et opportunisme.
Sous son magistère, le Maroc a renforcé son ancrage en Afrique subsaharienne avec une présence économique dynamique dans des secteurs clés comme les banques, les assurances et le BTP. Cette verticalité africaine de la politique étrangère se voit ainsi dans un soft power très efficace.
Ainsi, il a fallu de peu pour que l’année 2025-2026 soit l’une des plus fastes du Maroc depuis plusieurs décennies si la Coupe d’Afrique des nations, qui a été organisée avec brio, était remportée. Mais il fallait compter avec les incertitudes et les aléas du sport…
Au-delà de tous ces résultats encourageants et satisfaisants de la politique étrangère, il reste au Maroc de travailler davantage son image, ce country branding très important dans la projection de puissance et la recherche d’influence d’un pays.
L’épisode de la finale de la Coupe d’Afrique des nations, même s’il est périphérique, est illustratif des entendus, sous-entendus ou malentendus entre l’Afrique du Nord en général et celle subsaharienne. Le Maroc n’y échappe pas.
Ses entreprises sont ainsi accusées, à tort ou à raison, de pratiquer une nouvelle forme de « recolonisation » dans leur approche de vouloir contrôler des pans entiers des secteurs d’importance capitale en Afrique subsaharienne.
En 2017, lors de la tentative du groupe marocain Saham d’entrer dans le capital du géant des assurances Sunu du Sénégalais feu Pathé Dione, ce dernier n’avait pas manqué de dénoncer l’approche des Marocains qu’il avait considérée comme un « forcing » .
Cet épisode et d’autres, même s’ils sont minimes, sont à éviter pour le Royaume afin que la césure virtuelle qui existe entre l’Afrique du Nord et celle subsaharienne ne se transforme en cassure ou fracture…
Source de l’article : lesoleil.sn



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